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"Est-il normal de faire payer les erreurs des banques aux primo-accédants ?" - Serge Redon, directeur du réseau immobilier l’Adresse
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Vendredi 26 Septembre 2008 à 09:00
Dans un billet d’humeur intitulé « Des effets pervers de la crise des subprimes », Serge Redon revient sur le retournement du marché immobilier. Il y dénonce l’attitude des banques et l’« injustice flagrante » d’une répercussion des effets de la crise des subprimes sur les candidats à la propriété. Pour lui, le marché est seulement « plus tendu » : « porté par le simple besoin en logement », il ne devrait pas s’écrouler. Interrogé par Lavieimmo.com, Serge Redon nous explique pourquoi selon lui, il n’y a pas de « crise immobilière », et quels enseignements tirer de la situation actuelle.

©dr
(La Vie Financière) - Dans ce billet d’humeur, vous affichez un point de vue à contre-courant qui vous place en dissidence par rapport au discours de vos confrères de la FNAIM (cliquez ici). Quelles sont les raisons de cette communication ?

Souvent, on évoque des chiffres et des faits précis. Or, il est intéressant parfois de réfléchir aux situations plus globales, à la façon dont les choses s’organisent. La crise actuelle est plus financière qu’immobilière. Elle n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat de comportements. Tout cela doit alerter les responsables –les responsables immobiliers comme nous, et les responsables politiques.

Rien d’étonnant à cela, étant donnée l’attitude étonnante des banques : une spéculation effrénée sur les subprimes, qui crée des valeurs et des profits virtuels. Les spéculateurs-banquiers sont pris dans la tourmente qu’ils ont eux-mêmes créée. Voyez ces banques qui achètent des agences, voire des réseaux entiers. En terme d’investissement, quel est l’intérêt ? Doit-on rester là sans réfléchir ?

N’est-il pas un peu simpliste de faire porter toute la responsabilité aux seules banques ?

Les Français veulent-ils moins se loger ? Non. Les banques resserrent les conditions de crédit : les durées des prêts raccourcissent et on exige des acquéreurs un apport personnel plus important. Pourquoi ? C’est là la conséquence directe des bêtises de la spéculation. Est-il normal de la faire payer les erreurs des banques aux primo-accédants ?

Ce n’est peut-être pas exclusivement la faute des banques mais lorsque vous voyez la machine que représente la spéculation… L’affaire Société Générale par exemple prouve qu’il est possible de jouer avec 9 milliards d’euros sans que personne ne s’en rende compte. Et Jérôme Kerviel n’est pas un cas isolé : rien qu’à la Société Générale il y en a 1 000 comme lui ! Le problème majeur c’est que les banques trouvent davantage d’intérêt à la spéculation qu’au soutien de l’activité économique. Parce qu’effectivement c’est un rôle qu’elles n’assurent pas lorsqu’il n’est pas possible pour une entreprise ou un primo-accédant de se voir accorder un prêt. La crise est bien une crise financière. Et le comble, c’est qu’elle pénalise l’acquisition…

En mars dernier, vous affirmiez que le marché immobilier restait « un marché sain ». En êtes-vous toujours aussi convaincu ?

On observe, c’est indéniable, un basculement sur les mois de juin/juillet de cette année. Mais j’insiste, ce n’est pas l’envie de se loger qui fléchit mais la capacité ! Des évolutions se sont fait jour tout au long de l’été. Les prix du pétrole ont notamment pesé sur l’immobilier, entraînant une désaffection pour les logements moins bien desservis par les transports et plus éloignés des centres-villes. En résulte un ajustement des prix. A l’inverse, les biens mieux desservis et plus centraux voient leurs prix augmenter. Il n’y a qu’à regarder les chiffres. A Paris par exemple, la hausse des prix ne s’est pas arrêtée.

Qu’envisagez-vous pour les mois à venir ?

A l’avenir, les ajustements vont correspondre à une combinaison de l’offre et de la demande. L’offre qui reste forte, et la demande limitée selon certains critères, plus particulièrement en terme géographique. Pour nous, l’évolution du marché dépendra surtout pour les primo accédants de dispositifs qui leur permettront de revenir sur le marché. Ce retour à l’accession constitue d’ailleurs une nécessité pour le gouvernement, puisqu’il est à l’origine d’un déséquilibre sur le marché locatif (notamment le logement social).

Quelles mesures préconisez-vous?

Plusieurs mesures d’accompagnement peuvent être prises. En premier lieu, il conviendrait de baisser les droits d’enregistrement. Cette initiative peut être prise pour les seuls primo-accédants éventuellement. En 10 ans, les prix de l’immobiliser ont doublé, et les taxes ont augmenté dans les mêmes proportions. L’Etat en a été largement bénéficiaire. Il serait bon également de permettre aux primo-accédants de pouvoir à nouveau obtenir des prêts en créant davantage de prêts à taux zéro par exemple…

Propos recueillis par Aurélie Rodriguez
Pour plus d’informations sur le marché immobilier, rendez-vous sur Lavieimmo.com.
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