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| Du recul pour éviter de tomber dans le sensationnel | |
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Vendredi 09 Mai 2008 à 15:12
Catégorie :
Edito
Alors que les marchés financiers font face à l'une des plus graves crises depuis 1929, de l'aveu des plus grands experts dont le FMI, certains font la sourde oreille, d'autres enfoncent le clou et les derniers s'efforcent de faire la part des choses.
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(La Vie Financière) - Dans son éditorial du 16 avril, Edouard Carmignac, dont la maison de gestion a fait ses preuves, s'en prend aux « marchés cyclothymiques par nature », « à la frayeur irraisonnée », ainsi qu'« aux journalistes sensationnalistes » qui annoncent un jour la fin du monde, puis voient soudain se dessiner une reprise durable... Il réserve ses dernières piques aux banques : « Ne les laissez pas, elles qui nous ont offert la belle crise que nous traversons, vous pénaliser une seconde fois en congelant votre épargne dans des certificats de dépôt alléchants ou produits dits "garantis" dont la seule réelle assurance est celle de vous tenir à l'écart de cette redistribution de richesse », faisant allusion à la montée des pays émergents. Ses arguments : sa seule foi.
Dans ses éditoriaux, Marc Fiorentino, président d'Euroland Finance, société spécialisée dans l'ingénierie financière pour les valeurs moyennes et l'intermédiation pour les institutionnels, ne cesse justement de dénoncer les prétendus miracles économiques en Inde et en Chine, qui lui rappellent ceux des pays d'Amérique du Sud dans les années 1990. Il redoute le pire. Un de ses morceaux choisis : « Hors de l'Europe de l'Ouest (et de l'Est) et des Etats-Unis (et des pays limitrophes), ça va être un drame. On a donné de l'espoir à ces populations, on va créer une immense frustration. » Pour lui, le rebond actuel des marchés n'est que technique. Aux premiers signes d'euphorie, il faudra vendre. Parmi les appliqués, il y a Didier Le Ménestrel, fondateur de la société de gestion Financière de l'Echiquier, qui s'astreint, depuis plus de seize ans, à la rédaction de son éditorial dans sa lettre mensuelle. C'est un gérant chevronné, passionné des entreprises, et un éditorialiste sans carte de presse. Cette longue pratique de l'écriture lui a donné la sagesse d'une « mémoire qui nous aide à garder le recul nécessaire face à l'agitation boursière quotidienne ». Il ne s'en prend pas aux journalistes sensationnalistes qui souffleraient, selon leurs humeurs, le chaud ou le froid sur le marché. Il ne dénonce pas davantage le caractère cyclothymique de ce même marché. Enumérant les principales faiblesses de la Bourse, il comprend qu'il n'y ait « plus un seul analyste financier qui ose raisonnablement émettre une conviction d'achat dans une ambiance si tourmentée ». Il constate que, au premier trimestre 2008, la gestion collective française a fait face à la vente de près de 20 milliards de produits « évoquant le moindre risque » alors que 24,2 milliards ont été investis dans des fonds de trésorerie. Citant en conclusion le célèbre gérant John Templeton, il recommande sereinement d'acheter pendant les périodes de pessimisme. Il nous semble plus cohérent avec lui-même que le très distingué Edouard Carmignac qui préconise aux épargnants de suivre Lou Reed en s'inspirant de sa chanson Walk on the Wild Side. Excessivement sensationnel, Edouard... Jean-Jacques Avédissian |
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