par Yann Le Guernigou
PARIS (Reuters) - Dexia confirme un recul de 32% de son bénéfice net du deuxième trimestre, sous l'impact des pertes de FSA, sa filiale américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit.
Dans un communiqué, la banque franco-belge a fait état en outre d'un ratio de fonds propres Tier 1 de 11,4% au 30 juin, contre 11,3% en première estimation, soit plus que son objectif cible de 10,5%.
Le groupe avait publié des résultats estimés le 6 août en même temps qu'il annonçait un recentrage de FSA sur son activité la moins risquée, la garantie des obligations des collectivités locales, en raison de nouvelles pertes liées à la dégradation du marché immobilier américain.
FSA a été dans le rouge pour 331 millions de dollars au deuxième trimestre en raison d'importantes dépréciations et provisions, ce qui a porté à 966 millions le cumul de ses pertes depuis septembre dernier.
Le résultat net de Dexia a en conséquence diminué de 32,4%, à 532 millions d'euros, et de 36,6%, à 440 millions, en excluant les éléments non récurrents.
Hors FSA, ce dernier aurait atteint 760 millions, soit 23,8% de plus qu'un an plus tôt.
Dexia avait annoncé à l'origine un bénéfice net global de 539 millions d'euros pour le deuxième trimestre, la différence avec le montant publié vendredi tenant au fait que la banque a décidé de déprécier du goodwill de FSA.
Sur l'ensemble du premier semestre, le bénéfice net, part du groupe, de Dexia, a diminué de 45,5% à 821 millions d'euros. En excluant les éléments non récurrents, son recul a été de 26,1%, à 979 millions d'euros.
Le résultat par action recule de 45,4%, à 0,71 euro.
Les déboires de FSA ont brouillé l'image de Dexia qui, de par son premier métier, le financement des collectivités locales, présentait jusqu'ici un profil très défensif.
ACTIONS COMPLÉMENTAIRES
Avec un recul de 45% de son cours de Bourse depuis le début de l'année, contre une baisse de 31% pour l'indice sectoriel DJ Stoxx, le groupe franco-belge se situe ainsi dans le peloton de queue des
banques européennes.
Dans son communiqué, il souligne "travailler activement" avec sa filiale américaine à la mise en oeuvre des décisions stratégiques annoncées début août, à savoir l'abandon de l'assurance de financements structurés et de titrisations ainsi qu'une réduction de voilure dans l'activité produits financiers.
Cité dans le communiqué, l'administrateur délégué de Dexia,
Axel Miller, déclare que la banque continuera "à surveiller l'évolution du marché et à envisager des actions complémentaires compte tenu du contexte actuel et de la faible visibilité" prévalant dans le secteur des rehausseurs de crédit, un des plus touchés par la crise financière.
Parmi les décisions annoncées le 6 août, figurait un nouvel apport en capital de 300 millions de dollars permettant à FSA de sauver sa notation AAA qui, menacée par Moody's, est vitale à la bonne tenue de son activité.
Les difficultés de la filiale américaine ont masqué les performances des pôles "
public finance" (hors FSA) et trésorerie et marchés financiers, qui ont enregistré des résultats records au deuxième trimestre : hors éléments non récurrents et à taux de change constants, le bénéfice net du premier a augmenté de 54,4% à 398 millions d'euros et celui du second de 43,9% à 170 millions.
Le financement des collectivités locales, dont Dexia est le leader mondial, affichait à fin juin une progression de 21% (à change constants) sur un an de ses encours de crédits, tirée par la péninsule ibérique (+45,2%), le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord (respectivement +53,9% et +36,9%) ou encore la Turquie
(+56%).
Les revenus de la banque de détail ont stagné en Belgique et au Luxembourg mais progressé de 23,3% chez la filiale turque Denizbank, le résultat net du pôle reculant de 10,3% à 171 millions d'euros en raison d'une hausse des taxes.
Edité par Jean-Michel Bélot
Dexia confirme un recul de 32% de son bénéfice net du deuxième trimestre, sous l'impact des pertes de FSA, sa filiale américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit, liées pour l'essentiel à la dégradation du marché immobilier américain. /Photo d'archives/REUTERS/Yves Herman