(La Vie Financière) - L’assemblée Générale tant attendue d’Atos Origin avait pourtant commencé dans un semblant de calme et de dialogue.
Philippe Germond, président du directoire avait même annoncé deux jours auparavant avoir accepté le principe d'ouvrir le conseil à trois représentants de Centaurus et Pardus, sur onze possibles. "En acceptant trois représentants des fonds sur onze sièges possibles au conseil de surveillance, cela crée les conditions d'un dialogue pacifié. Et cela évite la prise de contrôle rampante".
L'assemblée générale d'Atos Origin a donc été ajournée ce jeudi par la décision unanime du directoire du groupe à la suite de l'intervention surprise de Gérard Guerguerian. Le président du conseil de surveillance du fonds commun de placement des employés de la SSII a émis l'intention de s'abstenir de voter certaines résolutions du directoire, en contradiction avec le mandat qui lui avait été donné. Il a aussi déclaré qu'il voterait en faveur de la nomination d'un représentant des fonds Pardus et Centaurus au conseil d'administration, ainsi que pour la révocation du président du conseil de surveillance,
Didier Cherpitel, également réclamée par les fonds. Or, comme le soulignait par la suite Michel-Alain Proch, directeur financier d'Atos, et également membre du conseil de surveillance du
FCPE, le président avait été mandaté pour voter en faveur des résolutions proposées par le directoire d'Atos, et le conseil de surveillance du
FCPE ne s’était pas réuni pour statuer ni donner pouvoir sur les résolutions proposées par Pardus et Centaurus.
Rappelons que le
FCPE détient 3% du capital, et que dans les conditions du quorum provisoire (62,8% au début de l’AG) cela représentait environ 5% des droits de vote. Le président d'Atos a donc estimé qu'il était de sa "responsabilité, et dans l'intérêt de tous les actionnaires, d'ajourner cette assemblée générale". Les fonds contestent cette décision, le président de Centaurus, Bernard Oppetit, allant jusqu'à dénoncer une « mascarade ». Toujours est il qu’une nouvelle Assemblée Générale sera convoquée en tenant compte des délais légaux (avant le 30 juin). En attendant, la confusion reste grande et la confrontation pourrait devenir procédurière.
Yannick Hardy