(La Vie Financière) -
Les états généraux de la santé s'ouvriront début février à Paris. Qu'en attendez-vous ?
B. R. On ne fait pas forcément évoluer une société avec des colloques. Cela dit, on peut se réjouir que le financement des dépenses de
santé, qui n'a fait l'objet d'aucune véritable réforme depuis les années 1970, soit mis aujourd'hui sur le devant de la scène. Il existe des réalités économiques que l'on ne pourra pas contourner encore longtemps étant donné l'ampleur du déséquilibre atteint par les comptes de la Sécurité sociale. Le bon sens devrait nous amener à séparer ce qui relève de l'assurance de solidarité de ce qui pourrait être privatisé. Mais, avant cela, il est indispensable d'effectuer un travail de terrain pour préparer les esprits. Les gens doivent comprendre que le report d'une partie du financement des dépenses de
santé sur le privé va entraîner une hausse des tarifs des complémentaires alors que, déjà , l'assurance
santé coûte en moyenne entre 800 et 1 000 euros à chaque famille française, soit davantage que l'assurance auto ou la multirisque habitation. Cela imposera de nouveaux comportements.
Quel marché cela représenterait-il pour April ?
Il est impossible de l'évaluer précisément à ce stade. Je sais juste que, à travers les 600 boutiques consacrées à la
santé que nous comptons ouvrir d'ici cinq ans, dont 60 à 80 d'ici à la fin de l'année, nous voulons justement effectuer ce travail de pédagogie et aider les assurés à mieux maîtriser le prix de leur complémentaire
santé. Avec ce réseau de boutiques, qui représente un investissement de plus de 100 millions d'euros, ce sont des milliers de nouveaux clients que nous devrions pouvoir aborder.
Quelle sera cette année la hausse tarifaire de vos complémentaires santé ?
Les prix vont globalement progresser de 3 à 4 %, comme l'année dernière.
Le fléchissement attendu du marché immobilier en France ne risque-t-il pas d'affecter votre activité assurance emprunteur ?
Ce secteur ne sera sans doute plus l'eldorado qu'il a été depuis le début des années 2000. Il connaît en outre une profonde mutation car les
banques cherchent de plus en plus à reprendre l'assurance de prêt en interne pour, notamment, récupérer leur marge. Les affaires nouvelles devraient donc se réduire, mais les contrats emprunteurs étant négociés pour plusieurs années, c'est-à -dire jusqu'à la fin du crédit, l'activité reste récurrente. Si notre chiffre d'affaires venait à augmenter moins vite, cela n'affecterait pas nos marges, bien au contraire.
Les analystes estiment que l'assurance dommages constitue un important levier d'amélioration de la rentabilité. Etes-vous d'accord ?
C'est vrai car, pour le moment, c'est dans ce secteur que nous affichons les plus faibles marges. Cela n'a rien d'étonnant : lorsqu'on développe une activité, on engage des dépenses qui pèsent sur la rentabilité et, généralement, les marges se mettent à remonter lorsque la croissance commence à diminuer et que les portefeuilles vieillissent. Aujourd'hui, nous ne privilégions pas la rentabilité au détriment de la croissance. Reste que nous nous sommes malgré tout fixé pour objectif d'afficher une marge opérationnelle supérieure à 10 % d'ici à 2009, contre 8 % en 2006.
Vous avez créé l'an dernier une compagnie d'assurance vie. Comment se passent les débuts de cette nouvelle société ?
Elle commence à peine, mais nos objectifs sont très ambitieux ! Sans nuire à leur confidentialité, je peux juste vous assurer que nous ferons nettement mieux que le marché en 2008. Dans cette perspective, nous travaillons sur des produits nouveaux, liés à l'évolution des mentalités et de la réglementation fiscale.
Quels sont vos objectifs pour 2008 ?
Nous visons cette année encore une progression de 15 % de notre chiffre d'affaires hors
assurance vie et opérations de croissance externe. C'est un peu une tradition chez April Group ! Nous sommes donc toujours sur une forte dynamique et, compte tenu de la visibilité offerte par nos marchés, nous prévoyons de multiplier par 3 notre marge brute d'ici à 2012
Propos recueillis par Nathalie Rambaud
Interview publiée dans
La Vie Financière N° 3269 du 1er au 7 février 2008