(La Vie Financière) - Dans un entretien accordé à La Vie Financière à paraître vendredi,
Patricia Russo revient, juste avant la tenue de l’AG d’Alcatel-Lucent, sur la confusion créée par la combinaison de plusieurs résolutions.
En effet, les actionnaires de l’équipementier doivent à la fois avaliser 3,5 milliards de pertes, les indemnités de
Patricia Russo en cas de départ (près de 6 millions d’euros) ainsi que la simplification des conditions de révocation du président et du directeur général. Cette association de résolutions a nourri des rumeurs de départ. « Les résolutions ne sont pas liées les unes aux autres », a tenu à préciser d’emblée
Patricia Russo.
Concernant son indemnité de départ, « elle a déjà été approuvée à l’assemblée générale l’an dernier à 89,5 %, poursuit
Patricia Russo. La nouvelle réglementation française impose de définir des critères de performance avant février 2009. (…) Si les actionnaires votent contre, les indemnités resteront dues, mais sans précision des critères de performance ». Quant au passage à la majorité simple pour la révocation du président et du directeur général par le conseil d’administration, elle a rappelé que cette résolution a été recommandée par
Serge Tchuruk et elle-même.
Pour autant, la véritable préoccupation des actionnaires est de savoir si le groupe pourra rebondir cette année, et son cours de Bourse également. D’où une revue des principaux défis auxquels Alcatel-Lucent est soumis : la guerre des prix, la concurrence asiatique et le passage à la nouvelle génération d’infrastructures de téléphonie mobile.
Même si elle relève des tendances encourageantes,
Patricia Russo reconnaît que « le marché devrait rester stable cette année, ce qui nous impose de poursuivre nos efforts sur les coûts pour améliorer notre rentabilité. Nous tablons donc sur une marge opérationnelle de 2 à 5 % en 2008, et espérons atteindre les 10 % à plus long terme ».
Thierry Zakhia