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| À Wall Street, la crise touche aussi les avantages en nature | |||
| Vendredi 02 Mai 2008 à 17:44 Catégorie : Point de Marché | |||
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par Steve Bertoni NEW YORK (Reuters) - Qu'ils soient banquiers ou traders, l'heure de la rigueur a sonné pour nombre des salariés de Wall Street qui voient s'évanouir un à un les généreux avantages consentis autrefois par leurs employeurs. La crise du crédit et les milliards de dépréciations d'actifs sont passés par là, contraignant la plupart des institutions financières à réduire leurs dépenses et donc à traquer les possibilités d'économies au dollar près. Témoin de ce changement de ton, Ron Karp employé de Corporate Transportation Group, une société spécialisé dans les services de location de voitures avec chauffeur haut de gamme, à laquelle ont recours nombre de salariés de Wall Street pour rentrer chez lorsqu'ils travaillent tard. "Le téléphone ne sonne plus autant qu'avant. Si vous virez cinq personnes, vous n'allez pas les renvoyer chez elles en limousines", résume-t-il. Depuis un mois, précise-t-il, l'ensemble du secteur des services automobiles subit un net ralentissement imputé à la crise financière. Au-delà des plans de licenciements, c'est l'ensemble des employés qui subit le contrecoup de la détérioration de la situation économique. Quand ils le peuvent, les cadres préfèrent abandonner une partie de leur confort plutôt que se séparer de leur personnel afin de ne pas être dépourvus en cas de reprise. Chez Credit Suisse, par exemple, certaines divisions ont limité à 30 dollars le remboursement des repas commandés par les employés travaillant tard. Ils ne peuvent plus non plus choisir le restaurant où ils iront dîner: la restauration est gérée par un service informatique qui centralise les desiderata des uns et des autres. Le temps du remboursement sans limite des factures de téléphones portables est lui aussi révolu, les employés n'étant plus gratifiés que d'un défraiement forfaitaire. CLASSE AFFAIRES INTERDITE, SODA PAYANT Merrill Lynch n'est pas en reste puisque les salariés de certaines divisions ont été priés de ne plus voyager en classe affaire ni en première, et chez Goldman Sachs, les sodas sont désormais payants. Chez JPMorgan, l'octroi d'un repas gratuit ou du remboursement d'un déplacement en taxi dépend désormais du minutage précis de la présence de l'employé sur son lieu de travail. La chasse aux dépenses permet certes de réduire les coûts, mais il est encore plus important pour les entreprises d'inciter leurs employés à agir de leur propre chef là où ils le peuvent. "Les banques suppriment les avantages en nature pour faire comprendre à leurs salariés qu'elles sont sous pression", juge Brad Hintz, analyste chez Stanford C. Berstein. "Cela fait comprendre aux gens qu'ils doivent utiliser leur cerveau et surveiller les dépenses." Depuis la mi-2007, les institutions financières ont annoncé plus de 300 milliards de dollars de dépréciations d'actifs, de pertes et de provisions de crédits. Cela a entraîné des licenciements en masse : au seul mois d'avril, 23.000 emplois ont été supprimés dans le secteur, dont la moitié chez Merrill Lynch et Citigroup, selon des chiffres du cabinet spécialisé Challenger, Gray & Christmas. "La procédure habituelle consiste à accroître les licenciements et à réduire les coûts d'exploitation autant que possible", déclare Roy Smith, professeur à la Stern School of Business, ancien associé chez Goldman Sachs. Selon lui, la banque a recouru à cette méthode à chaque crise: en 1987, 1990-1991, 1994, 1998, 2000-2002. Reste à savoir si la politique mise en oeuvre par les institutions financières perdurera au-delà de la crise actuelle. Certains estiment au contraire que cette chasse à la dépense va trop loin et qu'elle pourrait se révéler contre-productive: "Sur le papier, cela semble une bonne idée, mais à l'arrivée, vos employés prennent des pauses plus longues pour aller prendre un café chez Starbucks", souligne Jeff Visithpanich. Version française Nicolas Delame |
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