Yahoo, leader mondial dans le secteur des portails généralistes sur Internet, subi une année difficile. En témoigne : son cours de Bourse qui a dégringolé de plus de 50 % en quelques mois, jusqu'à 22 dollars en juillet. Certes, à 28,15 dollars actuellement, la valeur se reprend. Reste que si les problèmes inhérents au groupe s'amenuisent, ils persistent encore. Google, son concurrent direct gagne des parts de marché et la structure imposante de Yahoo pourrait s'alléger dans les prochains mois. D'autant que la note récente de Garlinghouse, vice président Senior de Yahoo plaide pour une "réorganisation radicale" de ses activités, créées 12 ans auparavant, jugeant nécessaire une diminution de 15 à 20% des effectifs afin d'éliminer les lourdeurs et doublons bureaucratiques. A titre indicatif : Yahoo emploie près de 10.000 personnes. D'ajouter : « Il y a tellement de personnes responsables (ou persuadées d'être responsables) qu'on ne sait pas vraiment qui est responsable. Je crois que nous devons nous attaquer à nos problèmes et à nos difficultés et que nous devons prendre des mesures décisives ». Le mois dernier, lors de la présentation des résultats trimestriels, la direction a fixé trois priorités au groupe: combler l'écart qui le sépare de Google en terme de chiffre d'affaires généré par la recherche, renforcer sa position de leader dans la publicité de marque et faire un bond en avant sur des segments émergents comme la vidéo, la mobilité et les sites communautaires. Aussi, nous semble t-il probable qu'à moyen ou à long terme, le groupe trouve les ressources nécessaires pour remonter la pente. Toutefois, à plus court terme, le cours de Bourse pourrait de nouveau connaître quelques remous baissiers. Ce qui explique notre scénario sur la valeur. Un scénario inhabituel dans la mesure où il s'accompagne de warrants. Le titre Yahoo qui figurait parmi les valeurs les plus volatils en Bourse voit en effet ses mouvements fortement diminuer. Du coup sa volatilité qui a vigoureusement baisser pourrait se comparer à des valeurs traditionnelles du CAC 40 telles que Lafarge, Sodexho, … Et les warrants associés à ce sous-jacent redeviennent attrayants. Quelques années auparavant, des élasticités (effets de levier réel du warrant), équivalente à 2 fois, à peine, la variation du sous-jacents, sur des warrants de bons calibres, dotés d'un delta élevé, d'un prix d'exercice proche du cours de l'action et d'échéance moyenne, étaient monnaie courante. Aujourd'hui, l'effet de levier est au minimum 2 fois supérieur. Dans ce contexte, des anticipations à court terme sur la valeur sont de nouveaux jouables, de plus faibles variations sur le sous-jacent étant largement suffisantes pour bénéficier de gains élevés sur des warrants existants. Par ailleurs, le bénéfice net du groupe pour l'exercice en cours est estimé par un consensus d'analystes financiers à moins de 50 cents. Du coup, à 28,15 dollars, le titre valorise déjà 55 fois au minimum ce bénéfice attendu. Bref, la valeur n'est pas donné et malgré un fort rebond qui n'est pas à exclure si les marchés progressent encore fortement, notre scénario baissier qui prône un pari certes risqué nous semble néanmoins à tenter. Reste que rappelons le, sur de tels sous-jacent les retournements se font souvent, sans détour… Intervenir avec prudence, en contenant ses impulsions, paraît donc impératif. Bon timing oblige ! C'est pourquoi, nous fixons notre limite d'achat sur le put émis par BNP Paribas (code 4563B) à partir d'un léger rebond du titre vers 29 euros (+3%), équivalent à une résistance graphique à court terme. Un très léger rebond en effet sur une telle valeur qui pourrait voir sa volatilité, relativement faible pour le moment, rapidement augmenter. De quoi valoriser d'autant les warrants associés à ce sous-jacent. Nous tenons compte par ailleurs d'un franc dépassement du seuil des 30 euros. De quoi propulser alors le titre beaucoup plus haut. Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité afin de nous protéger contre cette dangereuse situation. Eric ATTAL |