Venu de 3 830 points en début d'année à 4 635 points, le CAC 40 a progressé (+ 21 %) d'une manière plus qu'hono-rable. D'ailleurs, même les investisseurs en trackers, ces produits qui reproduisent sans aucun effet de levier les mouvements de l'indice, n'ont pas eu à s'en plaindre. Rappelons en effet que l'indice phare est peu volatil (volatilité actuelle de 12 %). Or, parmi les valeurs qui le composent, telles Danone, Total, Air liquide, L'Oréal et Schneider, dotées, elles aussi, d'une faible volatilité, plusieurs ont vu leur mouvement graphique s'élargir sensiblement. De quoi expliquer la hausse de leur volatilité historique et ainsi, celle, implicite, des warrants associés, dont le prix a augmenté depuis quelques mois. Ainsi, alors que, entre début 2002 et fin 2004, le niveau du titre Total n'avait quasiment pas bougé, depuis début 2005 sa performance est deux fois supérieure à celle du CAC. Sur cette courte période, à 224 euros, son cours a en effet grimpé de 40 %. De plus, à son haut niveau, il reste très proche d'un record historique de 229,10 euros, atteint récemment, le 30 septembre. Un phénomène hors norme dû, en partie, à la fulgurante hausse du pétrole qui a atteint plus de 70 dollars le baril. Et à plusieurs autres éléments qui devraient, à moyen terme, favoriser son évolution. Tout d'abord, le dollar a faiblement augmenté et il n'est pas exclu qu'il progresse encore. Ensuite, à travers le monde, la major française renforce ses positions, notamment grâce à des sociétés conjointes en Chine, ce qui devrait être porteur à long terme. Enfin, les fondamentaux s'améliorent. Au deuxième trimestre 2005, le résultat net ajusté a bondi de 33 %, à 2,91 milliards d'euros. Soit un bénéfice net par action en hausse de 37 %, à 4,92 euros. Et pourtant, malgré tous ces éléments positifs, notre anticipation est, à court terme, baissière, pour plusieurs raisons. Le baril à 40 dollars ? Après son beau parcours haussier, le titre devrait connaître un léger essoufflement dû à quelques prises de bénéfices. D'autant que, après avoir progressé régulièrement jusqu'au seuil des 230 euros, son cours commence à se tasser. Et ce, malgré la courbe graphique actuelle du CAC qui continue sa forte progression (au plus haut depuis avril 2002). Dans ce contexte, son record historique (229,10 euros) équivaut aujourd'hui à une résistance graphique qui semble représenter un seuil psychologique du marché. Par ailleurs, selon Thierry Desmarest, PDG de Total, le pétrole pourrait fortement baisser. « S'il n'est pas question d'envisager une chute du baril vers 20-25 dollars, la fourchette généralement souhaitée par l'Opep, entre 40 et 45 dollars, pourrait redevenir d'actualité », a-t-il déclaré récemment. C'est pourquoi, malgré les excellents fondamentaux du groupe, notre conviction sur la valeur est baissière. Afin d'accompagner notre scénario, nous recommandons un put (code 4005Z) émis par Commerzbank. Sur ce warrant, nous fixons notre limite d'achat en peu au-dessous d'une résistance graphique vers 226 euros. Par ailleurs, nous tenons compte d'un rebond du titre entre 235 et 240 euros. Ce niveau haut, pouvant, une fois atteint, déclencher une plus forte hausse du sous-jacent, invaliderait alors notre stratégie. Enfin, notre limite de vente (+ 60 % environ) est déterminée à partir d'un bon support graphique autour de 205 euros (- 9 %), qui devrait voir le titre rebondir de plus belle. Un scénario raisonnable car nous nous accordons un large délai, jusqu'à fin janvier 2006, afin de voir notre objectif se réaliser confortablement.Eric Attal |