Cotée aux alentours de 50 euros début janvier, l’action TF1 s’est approchée du seuil des 100 euros. Elle est redescendue à des niveaux plus attractifs. La croissance des recettes publicitaires lui ouvre un avenir prometteur. Acheter ou renforcer. L’analyse. Le titre de la chaîne généraliste française cotait aux alentours des 50 euros début janvier. En moins de trois mois, elle a doublé en s’approchant des 100 euros. Aujourd’hui, le titre est revenu à des niveaux moindres après les fortes corrections subies par les valeurs médias en octobre. Vendredi en clôture, l’action était à 64,7 euros. Actuellement, TF1 ne mérite pas la défiance que lui portent les investisseurs. Malgré les fortes craintes d’un ralentissement économique, en particulier aux Etats-Unis, ces inquiétudes ne devraient pas avoir de répercussions sur les valeurs médias franco-françaises. Au contraire, elles vont bénéficier de la forte croissance attendue du marché publicitaire en France. Cette tendance s’affirme déjà dans le chiffre d’affaires du 3e trimestre du groupe. Publié le 2 novembre dernier, le chiffre d’affaires publicitaire net affiche une hausse de 18,9% à 294,3 millions d’euros. Sa croissance n’était que de 12,8% au 3e trimestre 1999. Plus particulièrement, les activités de diversification (commercialisation de vidéos, chaînes thématiques…) enregistrent une croissance de 37,7%. Cette performance est soutenue par l’activité TF1 Vidéo, qui a profité du succès rencontré par les cassettes des «Pokémon». Le poids de ces activités dans le chiffre d’affaires du groupe ne cesse d’augmenter. Elles représentent un véritable relais de croissance pour TF1. En septembre dernier,
Patrick Le Lay, président du groupe, avait indiqué que les recettes publicitaires de la chaîne progresseraient de 16 à 18% en 2000. Suite à la publication des chiffres du 3e trimestre, le groupe a annoncé que la progression ne serait que de l’ordre de 16%. Cette prévision se situe dans le bas de la fourchette annoncée et révèle l’anticipation d’une nette réduction de la croissance des recettes publicitaires au 4e trimestre. Prévisible en Angleterre, ce ralentissement est confirmé par la révision à la baisse des résultats du groupe de médias, Granada Compass. Alors qu’en France, TF1 va bénéficier de la réduction du volume horaire de publicité programmée à partir de janvier prochain par France 2 et France 3. L’action. Les investisseurs perçoivent encore TF1 comme une valeur
internet. Cependant, dans cet environnement, la chaîne affiche une rentabilité des fonds propres à hauteur de 35,5% en 2000. Avec une croissance attendue de 34% du bénéfice net par action entre 2000 et 2002, le titre peut encore s’apprécier. Sa valorisation est revenue à des niveaux plus attractifs et devrait lui permettre d’atteindre les 85 euros. Ludivine Szado.