La concurrence de
M6 s’est cruellement faite sentir sur les comptes de TF1 l’an dernier. Alors que la chaîne présidée par
Patrick Le Lay annonce un bénéfice net en chute de 16%, à 210,3 millions d’euros, celle de
Nicolas de Tavernost affiche un résultat net en progrès de 12,2%, à 116,1 millions. Ainsi, la marge nette de
M6 s’est pratiquement maintenue, à 13,7% contre 13,9% en 2000, tandis que celle de TF1 se contracte de 11% à 9,2%. Explication principale : les recettes publicitaires de la Une ont reculé de 4,7%, à 1 496,9 millions d’euros, tandis que la collecte de
M6 a progressé de 2,6%, à 551 millions (chiffres net des remises). TF1 n’a pas particulièrement brillé non plus côté diversification, avec par exemple un recul des ventes de vidéo qui serait de l’ordre de 10%. Au-delà du match TF1/M6, la Bourse est incitée à la prudence par l’absence d’indications officielles concernant l’évolution des rentrées publicitaires cette année. La reprise du marché ne semble pas encore poindre à l’horizon. Alors même qu’il est dès à présent certain que l’inflation du coût des grilles de programmes va se poursuivre. Les deux chaînes risquent donc de voir en 2002 leurs marges d’exploitation reculer pour la seconde année consécutive (les résultats opérationnels 2001 n’ont pas encore été communiqués). Non seulement TF1 va diffuser la seconde version de Koh Lanta et de Star Academy, mais elle prévoit aussi le lancer Le grand coucours (pour des collégiens de 5ème) et, surtout, Temptation Island, où des couples seront déposés dans une île déserte avec pour mission d’éprouver leur résistances aux tentations d’infidélité. Rentabilité oblige,
Patrick Le Lay a semble-t-il renoncé à jouer le rôle de moralisateur en chef !
M6 ne sera pas en reste, avec Loft Story II et PopStar II. Mais le sérieux ne sera pas absent de l’antenne, avec QI, Le grand test, un direct de 4 heures où les participants chercheront à paraître les plus intelligents possibles… Si
M6 est plus rentable et en plus forte croissance, l’action TF1 est moins chère : 26,8 fois le bénéfice net 2001 contre 31,8 fois. Les objectifs de cours des analystes financiers n’incitent guère à se renforcer, sauf peut-être dans une optique de long terme. Les actionnaires conserveront, les autres attendront un repli significatif éventuel pour prendre position. JLC