La valeur a bondi de plus de 6% hier. Et pour cause: la chaîne généraliste française s’impose toujours comme un acteur incontournable de la communication alors que les investisseurs reviennent en masse sur les valeurs «high tech». L’analyse.
Patrick Le Lay, le président de TF1, n’avait pourtant pas grand-chose à annoncer aux investisseurs européens devant lesquels il s’exprimait jeudi à Paris, à l’occasion de la conférence «Valeurs françaises» de
HSBC CCF Securities. Et pourtant, il a suffit de quelques mots pour que le cours de son action, qui avait déjà gagné près de 10% en trois jours, s’enflamme. Le président de TF1 a, en fait, confirmé que «les résultats du groupe seraient en très forte progression au premier semestre» et que 2000 serait «une année exceptionnelle» en recettes publicitaires. Le chiffre d’affaires du groupe publié au premier semestre donnait déjà la tendance avec une hausse de 20,7% du volume d’affaires dont une progression de 18,4% de la publicité à l’antenne. Les analystes financiers qui n’avaient peut-être pas complètement pris conscience du fort effet de levier sur les résultats d’une croissance des revenus opérée dans le cadre d’une maîtrise des coûts de la grille de programme ont visiblement refait rapidement leurs calculs et révisé leurs prévisions de résultats à la hausse. Et pour cause: TF1, au vu de son positionnement inégalé dans l’univers de la télévision en France, devrait pouvoir capter une très grande partie du surcroît de croissance lié à la hausse des recettes publicitaires et à la croissance de la consommation attendue après l’annonce de la baisse des impôts. Le chaîne généraliste leader en France va, de plus, renforcer sa présence dans les chaînes thématiques avec le lancement fin octobre de TFx, centré sur les jeunes adultes et de LCFI, chaîne financière grand
public qui sera lancée au premier semestre 2001. Dans l’
Internet, TF1 est également en train de réussir son pari de devenir le premier site média en France avec plus de 40 millions de pages vues sur TF1.fr en juillet (pour une fréquentation de moins de 10 millions par mois en 1999). L’offre de TF1 (vidéo, TV numérique et
Internet) est d’ailleurs en train d’être adaptée aux réseaux larges bandes pour des applications sur téléphone WAP, par exemple. L’image de TF1 semble donc clairement établie comme se situant dans l’univers de la nouvelle économie. La valorisation boursière dont les investisseurs créditent la valeur en témoigne. L’action. En dépit de la forte hausse des derniers jours, le titre garde encore du potentiel par rapport à un record inscrit le 6 mars dernier à 95,7 euros. Les résultats semestriels du groupe qui seront présentés la semaine prochaine pourraient aider la valeur à battre son record. Des prises de bénéfices sont certainement à prévoir à court terme, sauf en cas de forte hausse du Nasdaq et d’une poursuite du fort courant acheteur entamé il y a quelques semaines sur les valeurs de la nouvelle économie. Jean-Philippe Viallon