Sopra souffre depuis un certain temps déjà d'une mauvaise image en Bourse. Cette désaffection pourrait cependant s'atténuer dans les mois à venir. Aujourd'hui en effet, le titre ne capitalise qu'environ 15 fois les bénéfices estimés du groupe en 2002, quand ses concurrents se paient en moyenne plus de 20 fois les résultats prévus pour l'exercice. Cette sous-valorisation tient à la fois aux apparences cycliques de la SSII (10% du chiffre d'affaires est réalisé dans les activités de progiciels) et aux résultats décevants du groupe au premier semestre 2001. Durant cette période, les filiales étrangères (15% de l'activité), encore en restructuration, ont continué à pénaliser la marge d'exploitation de Sopra, ressortie à un faible 6%. Au second semestre, la marge devrait se redresser à 11%. En 2001, Sopra réaliserait un chiffre d'affaires de près de 520 millions d'euros, pour un résultat net estimé à 25 millions d'euros. 2002 devrait être plus favorable à la SSII. Sopra, qui a finalisé son offre de solutions
logiciels, devrait logiquement bénéficier de la reprise prévue en France d'ici la fin de l'année. Selon
Pierre Pasquier, son PDG, la SSII va aussi reprendre en 2002 sa politique d'acquisitions. Plus précisément, celui-ci nous a confié être intéressé par l'achat d'une entreprise européenne. Ce qui permettrait au groupe de doubler sa taille à moyenne échéance. Il réfute en revanche toute intention de vendre Sopra, dont il est aussi l'actionnaire principal.
Pierre Pasquier envisage également un redressement continu des marges tout au long de l'exercice 2002. Au final, la progression du résultat net pourrait s'élever à 15% cette année. En conséquence, les actionnaires conserveront leurs titres afin de jouer le redressement des marges, les autres pourront acheter la valeur à titre spéculatif. Le risque semble faible à long terme. EW Â