Les estimations des spécialistes du secteur concernant l'évolution du titre Sodexho sont partagées. Pour les uns, il pourrait progresser vers 50 euros. Pour les autres, il devrait se replier vers 40 euros. Reste que, pour la majorité, le titre est correctement valorisé. En outre, un consensus d'analystes financiers, recensés par le cabinet FactSet - JCF Group, attibue à la valeur un objectif moyen de 45 euros. Or, à 43,60 euros, le cours est proche de cette estimation. Et seules d'excellentes nouvelles pourraient redonner encore un peu de mordant au titre qui, il faut le dire, bénéficie déjà d'un beau parcours boursier. Venu de 21,80 euros en janvier 2005, il enregistre en effet une belle performance de 100 %, plus de 2 fois supérieure à celle de l'indice CAC 40 (+ 42 %) au cours de la même période. Pour autant, rappelons que, selon le consensus, à son niveau, l'action se paie 24 fois environ le bénéfice net estimé pour l'exercice en cours... Nos lecteurs l'auront donc compris, notre scénario sur cette valeur, qui, il faut le dire, n'est pas donnée, est baissier. D'autant que, malgré un chiffre d'affaires annuel de 12,8 milliards d'euros annoncé le mois dernier, en hausse de 9,4 %, la direction du groupe table sur un résultat opérationnel à peine supérieur à celui visé précédemment (+ 6 %). Soit une forte progression des ventes sans réel effet positif sur les marges bénéficiaires. Dans ce contexte, compte tenu du niveau déjà élevé du titre, quelques prises de bénéfices semblent probables. Toutefois, pour deux raisons, nous privilégions la prudence. D'une part, les indices affichent une tendance haussière et notre stratégie est pour le moment à contre-courant du marché. D'autre part, Sodexho va publier, en fin de semaine, ses résultats annuels. Aussi, en dépit du parcours actuel de l'action qui pourrait certes traduire une attente des investisseurs, sans grande surprise, il est préférable, lors d'un achat de puts, d'intervenir à partir d'une résistance graphique. Objectif : diminuer le risque d'intervention et bénéficier d'un meilleur timing lors de l'achat des warrants. Or cette résistance se situe un peu en dessous de 45 euros. Un seuil légèrement supérieur au cours du sous-jacent, à partir duquel nous fixons notre limite d'achat sur le put émis par Commerzbank (code 1857Z). Nous tenons compte par ailleurs d'un niveau, bien supérieur, équivalent à une seconde résistance graphique à long terme, vers 47 euros. De quoi entraîner un plus fort rebond de l'action qui représenterait alors un réel danger pour les détenteurs de put warrants. Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité afin de limiter la casse si cette fâcheuse situation se réalisait. Eric ATTAL |