Peu après avoir affiché un record historique de 93,95 euros, le 13 octobre, le titre Schneider Electric a subi un parcours inverse à celui du CAC 40 qui, entre temps, a encore progressé jusqu'à un plus haut de 5458 points, le 28 octobre. A 83,35 euros, la baisse de l'action traduit aujourd'hui une sanction du marché due à un élément essentiel qui pourrait avoir une forte influence sur les fondamentaux du groupe. Cette sanction est-elle donc justifiée ? Rappelons que la croissance du chiffre d'affaires (+15%) du groupe, à 3,48 milliards d'euros, au troisième, publié le 24 octobre, à , selon plusieurs analystes, été remarquable. Alors, pourquoi  un tel repli ? L'annonce par Schneider Electric du rachat d'American Power Conversion (APC), une société américaine spécialisée dans la fabrication d'appareils assurant une énergie électrique stable, pour environ 4,8 milliards d'euros. Cette acquisition, qui a reçu l'approbation du conseil d'administration d'APC, sera financée en cash, par le recours à la dette et par une augmentation de capital d'environ 1,2 milliard d'euros. Depuis,  Standards and Poor's a placé les notes de crédit de Schneider Electric ("A" à long terme et "A-1" à court terme) sous surveillance en vue d'un éventuel abaissement, en raison de l'acquisition de l'américain APC pour 6,1 milliards de dollars. L'agence de notation observe que cette opération va porter l'endettement de Schneider Electric à plus de 3,2 milliards d'euros. Dans l'état actuel des choses, Standard and Poor's envisage d'abaisser la note à long terme du groupe de deux crans à BBB. Reste que, un grand nombre de spécialistes estiment que la réaction négative de l'action Schneider Electric à l'annonce de l'acquisition de APC est exagérée. Selon Lehman Brother :Une création de valeur est probable d'ici 3 à 4 ans. De rajouter : "Nous pensons que la valeur stratégique d'APC pour Schneider n'est pas complètement comprise par le marché et cela viendra avec le temps. Les analystes de la banque confirme par ailleurs leur recommandation « surpondérer » avec un objectif de cours de 105 euros. Soit, une belle marge comparée au cours actuel de l'action. En outre, d'autres analystes tels que ceux de la Deutsch Bank donne d'intéressantes indications : « La transaction s'élève à 31 dollars par action, soit une prime de 30% sur le dernier cours d'APC, ce qui représente un ratio valeur d'entreprise sur Ebit de 23 fois les résultats estimés par Reuters en 2007. Ce ratio tombe à 12,0 fois si les synergies sont intégralement réalisées. Soit un ratio bien inférieur à celui d'un bon nombre d'entreprise du secteur... Enfin, lors d'une récente interview, selon Jean-Pascal Tricoire, président du directoire de Schneider Electric, l'achat d'APC serait une bonne affaire : « aux Etats-Unis lorsqu'une entreprise demande de l'énergie sécurisée, elle demande de l'APC ». De rajouter : « APC est leader mondiale dans l'énergie sécurisée, énergie très demandée dans divers secteurs très porteurs pour Schneider tels que les semi conducteurs,la santé, les ecrans plats … Cet achat apportera donc beaucoup de synergie associée à une forte croissance sur les résultats et un retour sur capitaux engagés supérieur au cout de capitaux d'ici trois ans. Bref, l'inquiétude du marché semble exagérée et cette acquisition intègre la politique du groupe de devenir leader dans des secteurs porteurs. Nos lecteurs l'auront donc compris, nous sommes positifs sur la valeur. Reste que, notre conviction associée à des warrants ne peut évidemment être évaluée qu'à court terme, valeur temps oblige ! C'est pourquoi nous préférons nous référer à l'analyse technique. Sur ce plan, malgré la bonne réaction du titre aujourd'hui face au repli de l'indice phare, peu  de grands signaux haussier sont graphiquement, pour le moment, annoncés. Dans ce contexte, afin d'obtenir un meilleur timing, en diminuant fortement le risque d'intervention sur le call (code 1588Z) émis par Commerzbank, nous fixons notre limite d'achat à partir d'un bon repli (-2,8%) équivalent à un bon support graphique sur le sous-jacent, autour de 81 euros. Par ailleurs, nous tenons compte d'un repli supplémentaire de l'action, sous 77,50 euros qui devraient déclencher alors un plus fort mouvement baissier. De quoi voir le prix du warrant approcher alors d'une valeur nulle. Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité afin de limiter la casse. Eric ATTAL  |