Si certains investisseurs et épargnants peuvent être contents de Riber, le cours étant passé en quelques mois après l’introduction de la société en Bourse de 10 à 35 euros, d’autres peuvent être en revanche fort mécontents. Le cours étant revenu aussi rapidement à moins de 10 euros pour se traiter aujourd’hui aux alentours de 3 euros ! L’effet nouvelle économie est passé par là avec son lot d’exagération aussi bien à la hausse qu’à la baisse. L’équipementier, qui vient de présenter ses résultats semestriels, a certes été touché par la forte détérioration du secteur des
semi-conducteurs. Il présente cependant un niveau d’activité toute à fait honorable et des perspectives acceptables au regard du contexte conjoncturel morose. A 21,9 millions d’euros, le chiffre d’affaires sur les six premiers mois de 2001 progresse de 46% par rapport à la même période de 2000, mais régresse de 16% par rapport à l’activité du deuxième semestre 2000. Les ventes de la société ont continué de croître malgré la nouvelle donne économique, du fait principalement de la longueur du cycle de vente (environ un an), les livraisons du premier semestre 2001 ayant été commandées en 2000. A 3,3 millions d’euros, le résultat net du premier semestre 2001 est en légère augmentation (11%) par rapport au résultat net du premier semestre 2000. En revanche la marge brute qui ressort à 41,8% du chiffre d’affaires est en baisse de 5 points à cause d’une part, de l’impact de dépréciation de stocks (0,7 millions d’euros), et d’autre part de la hausse du taux d’imposition qui fait suite à l’épuisement des crédits d’impôt. Les perspectives annoncées pour 2001 apparaissent comme un soulagement, puisque le président,
Michel Picault, s’est engagé à maintenir le chiffre d’affaires à son niveau de 2000, soit environ 40 millions d’euros. Les perspectives 2002 devront cependant être revues à la baisse (une annulation, trois reports de commandes observés depuis le début de l’année). Riber qui dispose d’une structure de coûts variables (assemblage) devraient présenter sans problème des résultats positifs en 2002. Le groupe vient par ailleurs de gagner deux clients (Applied Opto et Infineon), ce qui démontre un positionnement concurrentiel pertinent. Au cours actuel (2,9€) et sur la base du consensus de 0,38€, Riber s’échange à 7,1 fois les bénéfices attendus en 2001. Un multiple qui est faible comparé à ceux des sociétés de
semi-conducteurs. Â Michel Blanchot