La valeur du groupe pharmaceutique retrouve depuis quelques semaines la faveur des investisseurs. Son statut de valeur défensive est perçu comme rassurant dans un environnement boursier plus indécis et les bons résultats semestriels ont donné lieu à des révisions à la hausse des perspectives annuelles. Achetez ou renforcez. L’analyse. Il y a un an, au moment du rapprochement entre le français Rhône-Poulenc et l’allemand
Hoechst, le projet
Aventis était bien loin d’emporter l’adhésion des investisseurs. Trois mois après la fusion des deux groupes, l’action se traitait en mars dernier sous les 50 euros. Le titre a approché fin septembre les 90 euros. Entre temps, les premiers résultats consolidés ont donc démontré la capacité du nouveau groupe à générer des économies tout en améliorant ses résultats. La préférence actuelle du marché pour les valeurs défensives fait le reste. Des objectifs de cours à 100 euros ne sont pas rares. Au premier semestre, la croissance du chiffre d’affaires du groupe et de ses résultats s’est révélée supérieure à celle de ses concurrents. Le résultat net, incluant les activités industrielles, a été en progression de 61,3% pour les six premiers mois de l’année. La marge opérationnelle a connu une hausse constante du premier au deuxième trimestre en dépit des résultats toujours difficiles de la branche agrochimie. Les synergies prévues sur l’année 2000 ont également été pleinement assurées dès le premier semestre. Sur l’année, les économies de coûts de 400 millions d’euros devraient être réalisées «sans difficulté», estime Philippe Cottet, analyste au
Crédit Lyonnais Securities Europe et auteur d’une récente et importante étude sur la
pharmacie en Europe. «Il semble très possible que l’objectif initial de 1,2 milliard d’euros d’économie en troisième année soit dépassé», ajoute le spécialiste. Ces bonnes nouvelles ont conduit la plupart des analystes à revoir à la hausse leurs prévisions de résultats pour les années 2000/2003 avec de fortes progressions dans les sciences de la vie (
pharmacie). Par rapport à ses grands concurrents américains confrontés à des marchés plus difficiles, le groupe franco-allemand fait donc désormais figure de grand favori dans les listes d’achats des investisseurs. L’action. Le titre devrait aussi profiter dans les prochaines semaines de son statut de valeur défensive. Avec une croissance attendue de plus de 30% du bénéfice par action (BPA) en 2000 et 2001,
Aventis se compare très avantageusement à ses concurrents américains (+15 et 13% de hausse du BPA en 2000 et 2001) ou européens (+21 et 16%). Le rapport cours/bénéfice n’en est que plus favorable et laisse espérer une hausse du titre jusqu’à 100 euros à court terme. Jean-Philippe Viallon