Inutile de ménager le suspense, de l’inventaire des avantages et des inconvénients dont dispose Renault, le numéro deux français de l’automobile, dans le contexte économique actuel, résulte notre stratégie baissière sur la valeur. Une conviction due à une balance qui, malgré un grand nombre d’éléments favorables, penche plutôt négativement, prônant un nouveau repli de l’action.
Certes, l’essentiel des ventes du groupe (75% environ) s’effectue en France et dans le reste de l’Europe. De quoi être moins tributaire de l’impact du billet vert. Hausse de l’euro oblige !
En outre, grâce à son large développement à l’international, à l’issue duquel il a racheté le Coréen Samsung et le roumain Dacia, sans oublier, son rapprochement avec le japonais Nissan, il est passé du dixième au quatrième rang mondial. Ajoutons, la Commission européenne qui a donné son feu vert aujourd’hui au rachat du constructeur automobile russe AvtoVaz, constructeur des Lada, par Renault et Russian Technology. Le groupe français doit prendre une participation de 25% plus une action dans le capital d'AvtoVaz, pour un montant d'un milliard de dollars. La première Lada produite grâce au tandem Renault-AvtoVaz doit quitter l'usine fin 2009. Bref, le volontarisme de Carlos Ghosn, redresseur de Nissan et désormais président de Renault, apprécié de la communauté financière, vise sans détour des parts de marché supplémentaires… Afin d’augmenter les synergies, diminuant ainsi les coûts de fabrication et, de nouveau, le rang du groupe à l’échelon mondial, rappelons qu’il a, vainement, essayé d’allier Renault à l’américain Général Motors en 2006. Une année phare où le groupe présentait un plan très suggestif qui, réussi, devrait lui apporter une nette amélioration de ses fondamentaux.
Dénommé plan « Renault Contrat 2009 », son ambition consiste a positionner durablement Renault comme le constructeur automobile européen le plus rentable.
Parmi les prévisions du groupe, citons une marge opérationnelle de 6% en 2009, une croissance des ventes de 800 000 véhicules entre 2005 et 2009, le lancement de 26 produits d'ici 2009. Le tout sans oublier, une progression linéaire du dividende qui passerait de 1,8 euro par action en 2005 à 4,5 euros par action en 2009. Soit une sacrée épée de damoclès dans un contexte pourtant peu aisé, qui justifie la forte baisse que connaît l’action depuis quelques mois. Cette dernière, venue d’un record historique de 121,80 euros atteint en juillet 2007, à son cours de clôture de 67,49 euros, marque bien la méfiance des investisseurs..., la sérieuse baisse de cote de la valeur étant due à des éléments négatifs, malheureusement bien présents.
Notamment, la hausse des matières premières qui pénalise les marges bénéficiaires de l’ensemble de constructeurs du secteur. Ajoutons le contexte actuel de guerre des prix et ainsi la politique banalisée et globalisée en matière de remises qui ne facilite guère la réalisation du plan contrat 2009. D’autant que les récentes normes anti-pollution " Euro 4 " pèsent également sur la rentabilité des ventes.
Enfin, rappelons que Nissan, qui réalise près de 30% de ses ventes aux Etats-Unis et contribue pour une large part aux résultats de l’entité, pourrait subir une sérieuse perte de vitesses caractérisée, notamment par son exposition grandissante aux variations, peu convaincantes, du dollar et du yen. De quoi conforter notre conviction de repli sur ce sous-jacent. D’autant que l’analyse technique s’associe bien à notre scénario baissier.
Afin d’accompagner tout repli de l’action vigoureusement, avec un fort effet de levier et une faible prise de risque, nous proposons aujourd’hui un Turbo put, émis par Citi (code 2011C). Comme nous l’avons déjà souvent indiqué, si ces warrants de dernières générations bénéficient d’un effet multiplicateur supérieur à celui des warrants classiques, ils intègrent un inconvénient de tailles, leur barrière désactivante sans appel, à manier avec précaution. Cette dernière, une fois rejointe, n’autorise en effet aucun espoir de retour à meilleure fortune pour l’investisseur qui perdrait, définitivement, l’intégralité de sa mise, le produit, dès lors, désactivé, ne cotant plus…
Solution pour contrecarrer ce risque bien présent : choisir un Turbo doté à la fois d’un effet de levier élevé, d’une barrière désactivante éloignée et d’une échéance assez proche. Car, plus cette dernière est longue, plus l’exposition au risque d’atteindre la barrière, à éviter augmentera…
C’est pourquoi, ce Turbo put qui bénéficie de tous les ingrédients précédemment cités, s’adapte bien à notre scénario (lire dans la partie haute, les caractéristiques techniques).
Sur ce produit, bien choisi, nous fixons notre limite d’achat sur la base d’une forte zone de consolidation, équivalente à une forte résistance graphique à peine inférieure à 70 euros.
Nous tenons compte, par ailleurs, d’un rebond critique du sous-jacent, au-delà de 73 euros, qui, malgré la barrière éloignée, à 80 euros, du Turbo, augmenterait alors sérieusement le risque d’exposition. Nous fixons donc notre seuil de sécurité en conséquence. Sait-on jamais ! |