Dégradé au printemps par l'agence de notation Standard & Poor's (BBB à BBB–), le groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) a vu son cours de Bourse régresser, passant de 150 euros en début d'année à son cours actuel de 95 euros. Après la forte baisse du 3 juillet (environ 12 % en séance), le président du directoire de PPR, Serge Weinberg, a déclaré que le leader européen de la distribution spécialisée avait été victime de fausses rumeurs " sur l'état de ses comptes et de sa dette ". Parallèlement, PPR s'est engagé à racheter, en mars 2004, le capital de Gucci qu'il ne détient pas encore (environ 48 %) à 101,50 dollars par action, soit 5 milliards de dollars. Sauf si le cours du maroquinier italien dépasse 101,50 dollars le 22 mars 2004. Or son cours actuel est de 92 dollars. D'où l'inquiétude du marché par rapport au bilan du groupe. Néanmoins, le titre, qui a rejoint ses plus bas niveaux depuis 1997, nous paraît avoir intégré les mauvaises nouvelles. En outre, le plan de réduction des coûts, en particulier aux Etats-Unis, se fera sentir rapidement dans les comptes. Autant d'éléments positifs face à un cours attrayant pour tabler sur un rebond du titre à court ou à moyen terme. D'autant plus que le groupe est bien placé pour bénéficier d'une reprise en Amérique du Nord via ses filiales Rexel et Brylane. Ainsi, tabler sur une hausse de la valeur c'est aussi anticiper une reprise de l'économie américaine. Graphiquement, l'action pourrait rejoindre à moyen terme un gap non encore comblé et situé vers 138 euros, un cours inférieur aux estimations de plusieurs spécialistes du secteur concernant l'actif net réévalué de PPR. Confiants sur un rebond du cours du titre, il nous paraît judicieux d'acheter des call warrants. Néanmoins, du fait de la nervosité excessive des marchés, nous privilégions la prudence. Aussi, les limites d'achat recommandées pour les calls de notre sélection sont-elles fixées sur la base d'un cours légèrement supérieure à 88 euros sur le sous-jacent. Nous favorisons le premier, émis par Natexis, car en dépit de son échéance très courte, son prix d'exercice reste proche du cours du l'actif support. Ainsi, au regard de la volatilité (ampleur des mouvements graphiques) du sous-jacent en constante progression depuis quelques séances, il n'est pas exclu que le cours de l'action connaisse une hausse supérieure à ce différentiel (entre le cours de l'action et le prix d'exercice), avant la date d'échéance de ce warrant, sur la base d'un rebond technique, d'une hausse des indices mondiaux,… Toutefois, notre stratégie est de bénéficier d'un rebond rapide du titre avant la fin de sa durée de vie. Le second, plus spéculatif, émis par le Crédit lyonnais, nous paraît lui aussi intéressant du fait d'une maturité plus longue. De plus, son prix d'exercice plus éloigné du cours de l'action lui donne un profil réactif.Enfin, ce produit doté d'une parité d'échange égale à 15 warrants contre 1 action témoigne d'un meilleur rapport qualité/prix que plusieurs autres warrants (avec des caractéristiques techniques équivalentes), émis par des émetteurs dont la parité est de 20 pour 1 (soit un écart de 25 %), avec pourtant un prix inférieur de seulement 10 % au warrant que nous avons sélectionné.Eric Attal |