Pinault Printemps a publié, sans surprise, des résultats 2000 en forte hausse. Le projet d’augmentation de capital fait chuter le titre. La valeur perd 4,47% à 209,3 euros. Les chiffres «C’est une belle boîte», s’exclame un analyste, commentant les publications annuelles de Pinault Printemps Redoute. Et il est vrai qu’avec un bénéfice net en hausse de 22% à 767 millions d’euros, un résultat d’exploitation en progression de 28,9% à 2,3 milliards d’euros (pour un chiffre d’affaires en hausse de 26,8% (+7,8% pro forma) à 24,7 milliards d’euros), le bien fondé de la stratégie du groupe n’est plus à démontrer. La performance de Guilbert est certes décevante, mais la rentabilité des pôles «Professionnel» et «Grand
Public» a encore bien progressé. Quant aux activités
Internet, leurs chiffres d’affaires a été multiplié par 5,2 par rapport à 1999. Ce qui permet Ã
Serge Weinberg, le président du directoire, d’envisager «avec sérénité» l’équilibre d’exploitation avant 2003. Perspectives Reste que lorsque l’on a déjà fait très bien, il est toujours difficile de faire encore mieux. Le groupe a donc beau tabler sur un chiffre d’affaires d’au moins 28,97 milliards d’euros (+17,3%), une marge d’exploitation de 8,5% en 2002, une croissance du bénéfice net par action de 15 à 20% par an pendant cinq ans … ces perspectives n’ont pas reçu un accueil unanime. A l’instar d’ABN Amro, qui a abaissé sa recommandation sur le titre «d’achat» à «accumuler». Motif ? Pinault Printemps Redoute avait augmenté son bénéfice net par action de 25% en moyenne sur les cinq dernières années. Les perspectives du groupe sont donc certes en retrait par rapport à la croissance des dernières années. Mais la sanction d’ABN Amro apparaît un peu dure pour certains. «Je ne connais pas beaucoup de groupe, de surcroît dans la distribution, qui offrent une telle croissance de leurs résultats», commente t-on chez Wargny. Même réponse au
Crédit Lyonnais. «PPR est une société très bien gérée, qui offre une très bonne visibilité, et d’excellentes perspectives de croissance», commente Nicolas Champ, analyste financier qui se positionne à «accumuler» sur la valeur avec un objectif de 240 euros. Que prépare PPR ? La chute du titre, aujourd’hui, serait donc davantage attribuable à l’augmentation de capital annoncée par le groupe. Car Pinault Printemps Redoute procédera rapidement à une telle opération, pour environ 1 milliard d’euros. Une belle somme, «qui permettra à PPR de se donner les moyens de poursuivre son développement avec une structure saine, et non dilutive», a souligné
Serge Weinberg. Le groupe a, il est vrai, financé de nombreuses opérations de croissance externe en 2000, ce qui a porté son gearing (dettes nettes rapportées aux fonds propres) à 74%, contre 48% en 1999. Mais cette augmentation de capital ne cacherait-elle pas enfin cette «acquisition d’envergure», sur laquelle les marchés spéculaient tant à l’automne dernier.
Serge Weinberg a beau le nier, cette annonce a quoiqu’il en soit grandement troublé les marchés … Axelle Vuillermet, journaliste Squarefinance