Certes, pour plusieurs raisons, les fondamentaux du groupe Peugeot devraient s'améliorer. La mise en place du plan de compétitivité Cap 2010, dont les objectifs sont, entre autres, de réduire les frais et les coûts de fabrication et d'offrir une meilleure qualité de production, devrait porter ses fruits. Et ce plan a permis au numéro deux européen du secteur automobile de réaliser, dans un contexte difficile, un chiffre d'affaires annuel de 60 milliards d'euros, en hausse de 7 %. Quant à son résultat net, presque multiplié par 5 l'an dernier, à 885 millions d'euros, il était supérieur aux attentes d'un grand nombre d'analystes. Si, parmi eux, plusieurs abaissent leurs objectifs sur la valeur, à long terme, le ton haussier est bel et bien donné, avec une moyenne d'ensemble escomptée vers 65 euros.
Mais, à plus court terme, la conjoncture pourrait devenir plus pesante. Si à l'horizon 2010 la faculté des constructeurs français à s'adapter face à la concurrence effrénée des pays émergents paraît plausible, à plus court terme, le repli qu'accusent leurs cours ne semble guère achevé. D'ailleurs, le marché ne s'y trompe pas. Le repli journalier des titres Peugeot ou Renault face à un CAC 40 pourtant en hausse devient en effet de plus en plus fréquent... En outre, à son cours de clôture de 46,35 euros, le titre Peugeot, qui bénéficiait d'un record de 67,35 euros en 2007, s'est déjà replié de 31% en moins de 8 mois, affichant ainsi un plus-bas annuel. Alors, pourquoi une telle sanction des investisseurs ?
Il semble que cette inquiétude émane des pays émergents et de leur aisance à concevoir des modèles à des prix défiant toute concurrence. Du coup, la compétitivité oblige les constructeurs à abaisser leurs marges. Certes, les véhicules de haut de gamme (BMW, Mercedes, Porsche, Audi, Lexus...) sont peu touchés par cette spirale baissière des prix. La filiale de Peugeot, Citroën, propose ainsi des berlines plus racées, notamment les C6 ou les nouvelles C5. Cela dit, l'affaire est à suivre, car les prix proposés sont relativement proches de ceux des modèles auxquels elles s'identifient sans pour autant en avoir l'image de marque !
De quoi conforter l'analyse technique de la valeur sur laquelle s'appuie notre scénario baissier. D’autant que si elle augmentait légèrement, ce qui nous semble probable compte tenu de sa récente reprise de forme, de quoi la hisser encore un peu, elle devrait alors se heurter à une forte résistance, autour de 47,50 euros, qui, une fois atteinte, a déjà été à l’origine de plusieurs replis. Nous fixons donc notre limite d'achat sur le put émis par Dresdner Kleinwort (code 1416D) à partir de ce haut niveau du titre. Bon timing oblige ! Nous tenons cependant compte d'un rebond de l'action, dangereux, vers 50 euros. Dans ce cas notre stratégie serait invalidée. C’est pourquoi nous paramétrons notre seuil de sécurité en conséquence, afin d'éviter le risque, alors grandissant pour l’investisseur, de subir un prix du produit proche de zéro. |