Lorsqu'un investisseur décide d'acheter un produit dérivé, il doit, certes, tenir compte des fondamentaux de l'entreprise qui sert de support. Toutefois, si le produit choisi intègre un fort effet de levier, c'est l'analyse technique qui prévaudra ; intervenir avec le bon timing est alors essentiel. La « valeur temps » des warrants et l'échéance, globalement assez courte, des Turbos représentent en effet un handicap qui ne peut être ignoré dans la stratégie à court terme. Rappelons néanmoins que l'analyse technique peut être faussée dans des cas particuliers. Ainsi, la distribution de coupons et autres dividendes exceptionnels produit ses marques graphiques sous la forme de replis mécaniques. Dans ce type de situation, la performance réelle de l'action n'apparaît guère en visualisant le graphique boursier... On peut même être induit en erreur, car une baisse apparente peut être plus que compensée par le paiement d'un dividende.
Prenons pour exemple le titre PagesJaunes. Passé de 14,10 euros, lors de son introduction en Bourse, le 7 juillet 2004, à son cours de clôture de 11,66 euros, il aurait, depuis, concédé 17 %. D'ailleurs, en visualisant son graphique, sa situation, peu convaincante au premier abord, s'explique par la forte baisse qu'il aurait apparemment accusée entre le 23 et le 24 novembre 2006. Après son cours de clôture de 23,12 euros, il ouvrait, en effet, le lendemain à 14,80 euros, affichant au passage une très forte baisse (- 36 %). En réalité, c'est un faux repli, l'ancienne filiale de France Télécom ayant distribué un énorme dividende exceptionnel de 9 euros. Si l'on réintègre le montant du dividende encaissé par l'actionnaire, la valeur du titre ressort à 21,05 euros. Sur cette nouvelle base, le parcours boursier de l'action est plus qu'honorable, celle-ci ayant progressé de 50 % en moins de quatre ans. Pas si mal par les temps qui courent ! D'autant que la moyenne des coupons annuels distribués par le leader français des annuaires dépasse 0,90 euro. De quoi lui assurer un bon statut de valeur de rendement au sein de l'indice SBF 120.
Expliquons maintenant pourquoi notre scénario est haussier à court terme. Sur le plan de l'analyse technique, après avoir accusé un repli dû avant tout au suivi des mouvements des indices boursiers, l'action est très proche d'un fort support graphique à court et à long terme. De quoi lui permettre de rebondir de plus belle, sachant qu'elle est très volatile. Par ailleurs, les fondamentaux du groupe s'améliorent. En 2007, la société a enregistré un chiffre d'affaires de 1,16 milliard d'euros, en hausse de 5,9 %. Son directeur général, Michel Datchary, explique : « Cette croissance a été essentiellement tirée par un rebond de 24,3 % des activités Internet qui ont représenté près d'un tiers du chiffre d'affaires, avec plus de 1 milliard de visites. » Bref, confiants dans la capacité de rebond du titre, nous préconisons l'achat sur léger repli d'un call bien adapté à notre stratégie.
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