Bouffée d’optimisme. No news is good news : c’est du moins ce que semblent penser les investisseurs. Alors que le titre du fabricant de la Netbox (solution d’accès Ã
internet par la télévision) ne parvenait pas à se remettre de l’affaire Freedomland et se rapprochait dangereusement de son prix d’introduction, le communiqué et la conférence d’analystes d’hier ont ravivé les ardeurs du marché. Pourtant, le PDG
Joseph Haddad n’a pas apporté d’informations nouvelles au marché. Mais le titre a brutalement mis fin à une série de cinq séances baissières et terminait la séance de jeudi sur un gain de 21,2% à 21,82 euros. Aujourd’hui, il grimpe encore de 13,6% à 24,79 euros dans un volume important de 155.000 titres. Perspectives confirmées pour 2000. Le management de l’entreprise reste confiant dans sa capacité à réaliser un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros en 2000 et table sur une croissance de 50% en 2001. Cet objectif avait déjà été rappelé au moment où le scandale avait éclaté et tenait compte d’un possible arrêt des commandes de la part de Freedomland. Pour autant, il semble que les relations commerciales avec le fournisseur d’accès italien se poursuivent, ce dernier ayant récemment passé commande de solutions Netgem pour son implantation espagnole, même s’il se contente d’écouler les stocks existants en Italie. L’euphorie n’est pourtant pas de mise. Certains points restent cependant en suspens. Tout d’abord, les contrats promis en septembre par M. Haddad pour la fin de l’année 2000 ne sont toujours pas signés. Et ce sont eux qui sont censés assurer la pérennité de la croissance en cas de défaillance confirmée de Freedomland.De plus, alors que le concurrent allemand de Netgem, Met@box, n’est guère vaillant en Bourse malgré un rebond aujourd’hui, le marché de l’accès par la télévision va connaître un bouleversement avec l’arrivée d’un acteur de taille :
Thomson Multimédia (avec sa solution TAK). Gare à la volatilité. Malgré un recul important depuis début octobre, la valeur se paie cher : plus de 6 fois les ventes 2000 estimées et 155 fois les bénéfices. Le titre Netgem risque surtout de profiter aux day-traders dans les jours à venir. Les actionnaires conserveront, sauf ceux qui ont acheté mercredi (ils peuvent déjà encaisser un substantiel bénéfice). Les autres attendront un repli vers 19 euros pour se positionner à l’achat. Emmanuel Schafroth