Netgem est un concepteur de solutions d’accès Ã
internet par la télévision. Sa technologie, développée autour du système d’exploitation Linux, se matérialise notamment sous la forme d’un boîtier connu sous le nom de Netbox. Promesses d’activité tenues. Après le violent décrochage boursier de Netgem en octobre dernier, consécutif aux déboires de son principal client (Freedomland.it) avec la justice financière italienne,
Joseph Haddad, PDG de Netgem, avait tenu à rassurer le marché sur les perspectives de sa société.On classera parmi les déceptions la promesse non tenue d’un contrat majeur en France avant la fin de l’année dernière. En revanche, le chiffre d’affaires (non audité) publié ce matin est excellent. A 111,9 millions d’euros, les ventes 2000 dépassent les espérances des analystes les plus optimistes et respectent parfaitement les ambitions précédemment affichées par le PDG («dépasser les 100 millions d’euros»). On peut rappeler qu’en mai dernier, un grand cabinet d’analyse tablait sur des ventes de 60 millions d’euros seulement. Par rapport à 1999, le taux de croissance de l’activité atteint le niveau impressionnant de… 462%. Pas de nouveau contrat majeur. Mais tout n’est pas rose pour autant. Le chiffre d’affaires du quatrième trimestre s’élève à 31 millions d’euros, ce qui marque un recul de 18% par rapport au précédent. Voilà qui est significatif de l’absence de nouveau contrat majeur, alors que certains clients du groupe (Freedomland.it ou Bourse Direct) peuvent apparaître comme fragiles.L’espoir vient de clients comme Profilo Telra en Turquie ou Gradiente Eletronica au Brésil. En vendant sa technologie à des fabricants de téléviseurs ou de matériel électronique, Netgem pourrait faire évoluer ses revenus de la vente de produits physiques (la Netbox) vers la vente de licences. L’image boursière migrerait alors vers celle d’un éditeur de
logiciels. L’essai reste cependant à transformer car les ventes auprès des équipementiers électroniques ne représentent que 7% du CA 2000. Notre conseil. Ce matin, le titre réagissait fortement à la publication des bons chiffres 2000. Il gagnait jusqu’à 11,6% en séance mais a limité ses gains à 2,5% en clôture (20,29 euros).Après notre recommandation de vente en octobre (au-dessus de 30 euros), nous vous avons conseillé le 24 novembre d’acheter le titre sur repli vers 19 euros. Ceux qui ont suivi ce conseil conserveront leur position dans l’attente de nouveaux contrats. On pourra aussi tenter d’acheter ou de renforcer sur repli vers 18 euros, à titre spéculatif, car la valorisation est forte. Le titre vient en effet de gagner près de 37% en cinq séances après le plus bas historique enregistré le 9 janvier. Une consolidation est donc tout-à -fait probable à court terme. Emmanuel Schafroth