Dans une note de recherche de la banque UBS, publiée le 22 novembre, on pouvait lire : « La route vers le cap des 100 euros ne sera pas simple. Mais nous pensons que Michelin va commencer à montrer des signes de progrès au cours des 12 prochains mois. A l'achat sur le titre, nous relevons notre objectif de 70 à 80 euros ». Toutefois, un important consensus d'analystes a déjà donné des objectifs bien inférieurs au niveau actuel de l'action. Notamment BNP Paribas qui, en Octobre, tablait sur un cours de 61,40 euros. Un objectif dû à une valorisation jugée déjà généreuse alors que la valeur cotait 56 euros. Nous accompagnons cette dernière analyse et l'argumentation apposée : « Si le groupe pourra bénéficier des premières mesures de restructuration et de la détente des prix des matières premières en 2007, le ralentissement des volumes poids-lourds (activité la plus rentable) pourrait constituer un risque en fonction de son ampleur. L'objectif d'une marge opérationnelle de 10% en 2010 (contre 8% en 2006) paraît intégré dans les cours ». Notre stratégie sur la valeur, obligatoirement à court terme puisqu'elle s'associe à un produit doté d'une durée de vie limitée et surtout d'un fort effet de levier, est donc baissière. D'autant qu'à son niveau actuel, la valorisation du titre estimée par les spécialistes à 16 fois, quasiment, le bénéfice net du groupe pour l'exercice en cours est en effet très élevée comparé à celle connue durant les cinq dernières années le plus souvent inférieure à 10 fois. De plus, malgré le statut du groupe, celui de leader mondial, elle reste élevée par rapport à bon nombre de valeurs du secteur. Il faut dire qu'à 72,60 euros, ce sous-jacent, très proche d'un record historique de 73,30 euros, atteint le 27 décembre, a déjà réalisé plusieurs prouesses boursières. Venu de 25,05 euros, fin mars 2003, il bénéficie déjà d'une performance « long terme » de 190% qui, comparé à celle du CAC sur la période de 135%, est certes supérieure mais dévoile un bêta relativement moyen (1,40) qui s'assimile à celui de valeurs assez peu volatiles. En revanche, alors que l'action cotait 43,50 euros en Juillet, elle affiche déjà , en 6 mois, un rebond de 67%, digne d'une valeur « Techno » et témoin ainsi d'une forte hausse de volatilité. Une des raisons pour lesquelles nous nous penchons à nouveau sur ce dossier. Evidemment parmi d'autres éléments favorables, figure le put warrant (code 2048Z) de notre sélection, émis par Commerzbank,  qui s'adapte parfaitement à notre scénario baissier. Toutefois, compte tenu de l'engouement du marché pour la valeur, que l'on ne peut ignorer, un retour vers son plus haut historique, voir un peu plus ne nous semble guère à exclure. C'est pourquoi sur ce warrant, nous fixons prudemment notre limite d'achat à partir d'un mini-rebond du titre autour de 73,50 euros. Nous tenons compte par ailleurs d'un niveau supérieur, vers 76 euros, équivalant à une autre résistance graphique. Cette dernière une fois dépassée, représenterait alors un réel danger pour les détenteurs de warrants. A éviter ! Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité en conséquence. Eric ATTAL |