A 58,25 euros, le niveau élevé du titre Michelin, assez proche d'un plus haut annuel de 60,60 euros et d'un record historique de 62,34 atteint en 1998, témoigne de la confiance des investisseurs. Toutefois, quitte à nous positionner à contre-courant du marché, notre conviction sur ce sous-jacent est baissière pour plusieurs raisons. D'abord, d'un point de vue fondamental, la valorisation de l'action, estimée par les analystes à quasiment 13 fois le bénéfice net pour l'exercice en cours, n'est pas donnée. Rappelons en effet que la valorisation moyenne du titre, entre 8 et 9 fois le bénéfice net annuel, était jusqu'ici bien inférieure. Son augmentation est due à l'annonce d'un bénéfice net semestriel en forte baisse. Au cours de la période, malgré une hausse des ventes de 7,1 %, soit un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros, le résultat net a diminué de 29 %, à 277 millions. Quant à la dette de Bibendum, à plus de 4,5 milliards, elle s'est encore un peu alourdie. Le titre s'est d'ailleurs replié jusqu'à 45,50 euros début août, soit quelques séances après cette publication peu convaincante quant aux perspectives du leader mondial des pneumatiques. Certes, depuis, le titre s'est bien repris. Mais la conjoncture n'a pas pour autant évolué positivement pour le secteur. La hausse du prix des matières premières pèse encore sur les marges du groupe, ce qui laisse augurer un second semestre en demi-teinte. Et s'il est vrai que les profits sont élevés pour la majorité des valeurs qui composent le CAC 40 dans de nombreux secteurs, celles de l'automobile sont en retrait. Il faut dire que, depuis plusieurs mois, les ventes de véhicules neufs baissent fortement. Or Michelin pourrait subir cette diminution à travers le monde. Sur le plan de l'analyse technique, la valeur est proche d'une résistance graphique autour de 60 euros. Ce niveau à partir duquel elle s'est souvent repliée représente un bon repère pour fixer notre limite d'achat sur le put émis par BNP Paribas (code 4908B). Toutefois, signalons que la gamme d'émission de puts sur ce sous-jacent est faible. Eric ATTAL |