Le 2 décembre, le titre Michelin cotait 45,80 euros. Nous indiquions alors : « Sa performance, depuis début 2005, reste médiocre. Alors qu'au cours de cette période, le CAC 40 a progressé de plus de 22 %, l'action affiche une baisse de 5 %. » Afin d'accompagner notre conviction haussière sur la valeur, nous recommandions un call (code 1795T). Sur ce warrant, notre limite d'achat, vers 0,19 euro, fixée à partir d'un léger repli du sous-jacent autour de 45 euros, a été très rapidement rejointe, le 8 décembre. Cet achat, réalisé avec un excellent timing, a permis à ceux qui ont suivi notre conseil d'acheter ce warrant à son plus bas prix. Quant à notre limite de vente, vers 0,33 euro, paramétrée sur la base d'un rebond de l'action vers 49,50 euros, elle a été atteinte le 10 janvier. Ainsi, une performance supérieure à 70 % réalisée en une vingtaine de séances a pu être engrangée. En outre, ce call, dont le prix se négociait cette semaine à plus de 0,50 euro (+ 170 %), a atteint un niveau record. Il faut dire que le titre a progressé bien au-delà de notre anticipation (plus haut : 54,70 euros). Nous revenons donc sur ce conseil car la donne a évolué, depuis, à l'avantage de cette belle valeur du CAC 40. Par rapport à la progression de l'indice, elle a en effet largement comblé son retard. C'est pourquoi son cours nous semble aujourd'hui intégrer les bons fondamentaux du numéro un mondial des pneumatiques. En outre, malgré l'annonce, le 14 février, d'un résultat net en 2005 bien supérieur aux attentes des analystes (lire page 45), le titre, à 52 euros, s'est affiché le jour même en forte baisse. Une sanction des investisseurs due, en partie, à l'annonce d'un cash-flow libre négatif de 124 millions d'euros en 2005, qui ne devrait pas redevenir positif avant 2010... Ajoutons à cet élément peu encourageant le fait que la hausse du caoutchouc et celle du pétrole se répercutent dans les prix de vente de ses pneumatiques. Et si cette augmentation a été jusqu'alors bien accueillie, il ne peut être exclu que d'autres hausses puissent distraire une partie de la clientèle de Bibendum au profit de la concurrence … De quoi tabler aujourd'hui sur un repli du titre, qui serait bénéfique à notre nouvelle stratégie. L'objectif : réaliser un autre aller-retour, composé lui aussi d'un gain élevé et rapide sur le warrant de notre sélection en intervenant de nouveau avec un bon timing. Rappelons par ailleurs que la volatilité historique du titre a augmenté, ce qui a mécaniquement diminué l'élasticité des warrants (effet de levier réel du produit) associés. Dans ce contexte, notre mission, un peu plus complexe, réclame une plus grande vigilance. Nous déterminons donc notre limite d'achat sur le put émis par Calyon (code 2987A) à partir d'une résistance graphique sur la valeur, vers 53,50 euros. En outre, nous tenons compte d'un seuil dangereux, vers 56 euros, qui devrait déclencher une plus forte hausse du sous-jacent. De quoi invalider alors notre scénario baissier... Eric ATTAL |