Bien que le fonctionnement des Bonus capés soit similaire à celui des Bonus classiques, il offre de nombreux avantages. Leur borne haute, équivalant à un fort rendement à encaisser à l'échéance du produit, supérieure à celle des Bonus classiques, s'associe à une borne basse (barrière désactivante) moins risquée, car elle se situe à un niveau inférieur. Quant à leur échéance, annoncée entre douze et dix-huit mois dès l'émission du produit, elle est souvent plus courte. De quoi permettre à l'investisseur de diminuer le risque d'atteindre cette borne, à éviter, car elle ôte la possibilité d'encaisser le niveau Bonus du produit (équivalant à sa borne haute). Celui-ci est capé (plafonné). Inconvénient : si le cours du sous-jacent augmente au-delà du seuil maximal à encaisser, le rendement de l'investisseur sera bloqué à ce niveau, déterminé dès l'émission. Exemple avec les actions Maurel & Prom. Acheté à environ 4 euros en 2004, le titre de M. Flair cote 15,40 euros. Après avoir envisagé à maintes reprises de couvrir sa position, il décide enfin de préserver sa plus-value élevée (+ 285 %), tout en bénéficiant d'un rendement substantiel sur une période de quinze mois. Il pense par ailleurs que, entre-temps, le titre ne repassera pas au-dessous de 11 euros (- 28 %). Il vend ses actions à 15,40 euros, les remplaçant par des Bonus capés qui, émis tout récemment par BNP Paribas (code 1064B), ont un prix similaire (lorsqu'un Bonus vient d'être émis, son cours est proche de celui du sous-jacent). Ainsi, la couverture de M. Flair lui offre la garantie d'un rendement sur quinze mois, équivalant à la borne haute du produit, fixée à 21 euros (+ 36 %). Condition : l'action ne doit pas toucher, entre-temps, la borne basse du certificat, à 11 euros, sachant que l'exposition au risque de M. Flair serait alors quasi identique à celle d'un actionnaire, puisque la prime offerte à l'échéance disparaîtrait. Enfin, imaginons que l'action progresse à 23 euros : M. Flair ne bénéficiera pas du supplément qu'encaissera de son côté M. Monte, acheteur d'un Bonus classique. Afin de donner un autre exemple avec ce certificat, nous avons recréé fictivement avec BNP Paribas un Bonus doté de la même échéance (19.12.2008). M. Monte, dont l'objectif est identique à celui de M. Flair, vend lui aussi ses actions à 15,40 euros, les échangeant alors contre des Bonus classiques à un cours similaire à celui de l'action. Ses certificats Bonus intègrent une borne basse à 12 euros, supérieure à celle des Bonus capés, soit un profil de risque plus élevé, la baisse potentielle acceptée par le produit étant inférieure (- 22%). Toutefois, un tel repli lui semble peu probable d'ici quinze mois. En outre, il se dit qu'un fort rebond du titre ne peut être exclu au cours de cette période. Il ne souhaite donc aucun blocage de rentabilité sur son produit. Enfin, il bénéficie d'une garantie de remboursement de 20 euros (+ 30 %), inférieure. Toutefois, si l'action cotait 23 euros, il encaisserait à l'échéance la différence entre son cours d'achat et le niveau de l'action (+ 49 %)... Pour autant, nous privilégions les Bonus capés. S'il est vrai qu'en quinze mois l'action peut réaliser d'autres prouesses boursières, rappelons que, à l'origine, le souhait de M. Flair et de M. Monte était de couvrir leur position, le tout accompagné d'une belle prime. Dans ce contexte, prendre un risque supplémentaire nous semble superflu... Eric ATTAL |