Fortement décotée et faiblement capitalisée, l'action est attrayante. La signature prochaine d'un contrat russe pourrait faire exploser la valeur. Discrète société du comptant dirigée par
Jean-François Hénin, Maurel & Prom mérite le détour, malgré 27 millions d'euros de pertes cumulées sur les deux derniers exercices et un cours de Bourse qui a plongé de plus de 50 %.
Ses activités déficitaires ont en effet été cédées (exploitation forestière au Congo) ou sont en passe de l'être (exploration aurifère au Mali). Quant au « maritime », il retrouve le chemin des bénéfices : 5,8 millions d'euros attendus cette année et probablement 12 millions en 2001. Aussi la société saisira-t-elle désormais toute opportunité de céder ses trois navires, qu'elle évalue à plus de 70 millions d'euros, l'équivalent de sa capitalisation boursière ! Les développements les plus prometteurs proviennent ce-pendant de l'activité pétrolière. A Cuba, deux gisements sont déjà en exploitation (réserves estimées à 12 millions de barils). Ils peuvent être évalués à 36 millions d'euros environ et devraient générer une marge nette de plus de 4 millions d'euros cette année. Au Congo, l'exploitation d'un premier puits a été lancée, un second gisement étant en cours d'évaluation. En France, Maurel & Prom possède, aux côtés d'
Esso, 45 % du permis pétrolier de Lavergne, mais n'exclut pas de céder ses intérêts (évalués à 14 millions d'euros). Au Vietnam, des gisements gaziers  moins riches que prévu  seront mis en exploitation dès 2001. Ils peuvent être valorisés au bas mot à 18 millions d'euros selon la société. Au total, ces actifs représentent déjà près de deux fois la capitalisation boursière de la société, alors que les dettes se limitent à 15 millions d'euros. Mais le projet offrant le plus fort potentiel, et à la fois le plus aléatoire, se situe en Russie, dans la République des Komis (bordure occidentale de l'Oural). La société est en passe d'y acquérir des intérêts dans deux projets représentant plus de 40 millions de barils de réserves. Des gisements que l'on peut valoriser à 100 millions d'euros  s'ils sont mis en exploitation. La signature de l'accord est attendue avant la fin de l'année. Le risque politique de ce projet a été intégré par le cabinet Détroyat qui, dans le cadre de sa mission récente d'évaluation de la société, a estimé Maurel & Prom à 23,4 euros par action, en valorisant à moins de 1 million d'euros le projet russe. A 12 euros, l'action est donc décotée d'au moins 50 % et valorisée à quatre fois seulement les bénéfices estimés pour 2001. Notre conseil Réservé aux investisseurs avertis. Objectif de cours entre 18 et 20 €, sans intégrer la signature éventuelle du contrat C.D.