Le spécialiste des études par enquêtes (réaction des consommateurs au lancement de nouveaux produits, mesure d’efficacité des spots publicitaires, lutte contre l’infidélité des clients,…) n’a pas trop souffert des évènements du 11 septembre. Son chiffre d’affaires 2001 atteint 480,2 millions d’euros (au lieu des 490 millions attendus), et sa marge d’exploitation se hisse à 7,7% (contre 8% espérés) contre 7,3% en 2000. Le rattrapage s’est poursuivi par rapport aux concurrents cotés GfK (8,6%) et TNS (9,5%). Il est vrai que le rachat de NPD aux Etats-Unis a joué favorablement, car, outre-Atlantique, les enquêteurs coûtent moins cher (main d’œuvre plus flexible, moins de charges sociales). L’objectif est d’atteindre 10% à l’horizon 2005-2006, avec un milliard d’euros de chiffre d’affaires et 100 millions de bénéfice d’exploitation. Cette année, les
dirigeants pensent pouvoir au moins maintenir le taux de croissance de l’activité de 8% atteint l’an passé à périmètre et taux de change constants. Soit pas moins de 10% hors Argentine, le poids de ce pays en crise devant tomber à moins de 1% du chiffre d’affaires contre 2,9% en 2001 et 4,5% en 2000. Depuis le rachat de NPD aux Etats-Unis pour 120 millions de dollars, l’endettement net est remonté mais reste supportable, à 153 millions d’euros, soit 76% des fonds propres. D’ici l’été, le groupe lancera une augmentation de capital pour les
dirigeants et
salariés regroupés au sein d’un fonds dédié (
Ipsos Partnership Fund). L’opération ne sera pas ouverte au
public mais interviendra sans décote par rapport au prix du marché, ce qui évitera toute dilution aux actionnaires actuels. Pour chaque action souscrite, les
dirigeants se verront offrir jusqu’à 15 options d’achat (portant sur des actions existantes) au bout de cinq ans, pour peu qu’ils continuent à travailler pour Ipsos. Sur la base d’un cours de 78,8 euros, la valeur d’entreprise s’élève à 658 millions d’euros (capitalisation boursière augmentée de l’endettement net), soit 1,37 fois le chiffre d’affaires et 17,8 fois le résultat d’exploitation 2001. Des ratios raisonnable, car à une remarquable croissance de l’activité s’ajoute la hausse attendue de la marge. Le dividende est maintenu à 0,25 euro net par action. Les actionnaires peuvent conserver, les autres achèteront sur repli à moins de 70 euros. Jean-Luc Champetier  Â