Premier groupe mondial en termes de capitalisation boursière, General Electric (GE) est un conglomérat dont les activités s'articulent autour de deux grands pôles : l'industrie, pour environ 55 % du chiffre d'affaires (énergie, moteurs d'avion, équipements médicaux…), et les services financiers, pour 45 % (financement des entreprises, services aux particuliers, assurance). A 28,70 dollars (23,95 euros), le niveau actuel du titre, à environ 16 fois les bénéfices pour l'exercice 2003 selon les analystes, semble raisonnable. De plus, la gestion du groupe est jugée de bonne qualité. Nous sommes donc confiants dans le titre à moyen terme. A plus brève échéance, il est proche d'un support graphique vers 28 dollars qui, s'il était atteint, lui permettrait de rebondir. Reste qu'acheter un warrant associé à un titre américain dont le prix d'exercice s'affiche en dollars alors que le paiement de la prime s'effectue en euros pourrait entraîner une certaine confusion. Pour clarifier le fonctionnement des warrants de notre sélection, nous allons répondre à deux questions essentielles. Pourquoi un prix d'exercice en dollars alors que le titre cote aussi sur le marché français en euros ? Par souci d'exactitude, compte tenu d'une cotation américaine à des heures différentes de celles du marché français. Que peut entraîner l'effet de change dollar contre euro lorsqu'on achète un warrant en euros alors que son prix d'exercice s'affiche en dollars ? Si le billet vert monte, le warrant bénéficiera, en plus du pari de hausse ou de baisse sur le sous-jacent, de la progression de la devise américaine. S'il baisse, la prime connaîtra une évolution inférieure à celle attendue dans le cas d'une bonne anticipation sur le support. Enfin, si le rapport euro/dollar se maintient à ses niveaux actuels, seule l'anticipation sur le sous-jacent importera. Toutefois, une stagnation nous semble peu probable. C'est pourquoi nos limites de vente sur les calls émis par BNP Paribas (codes 34173 et 0422B), fixées à partir d'une progression du titre de 9 % pour le premier warrant et de 14 % pour le second, s'octroient un long délai, respectivement huit semaines et quatre mois, afin de les voir rejointes plus sereinement. D'ici là , cette parité en devises devrait en effet connaître plusieurs mouvements de yo-yo. De plus,  le niveau actuel de l'euro (1,199 dollar), quasiment à son plus haut historique, permet de jouer une valeur américaine avec un risque limité, compte tenu du faible cours du billet vert. Un risque encore amoindri par la prudence de nos limites d'achat (sur la base d'un cours de 28 dollars sur le sous-jacent). Eric ATTAL |