Le titre du numéro un français de la téléphonie fixe et mobile n’avait pas connu un si bas niveau depuis bien longtemps. Son cours de clôture, à 18,52 euros, accompagné d’un plus bas annuel de 17,68 euros, rejoint cette semaine, équivaut à des seuils certes inférieurs qu’ils n’avaient pas rejoint depuis septembre 2006. Un retour qui dénote l’inquiétude des investisseurs en ce qui concerne les perspectives du groupe face à une concurrence créative, ardue, l’obligeant à s’adapter à des conditions de marchés plus compétitives… Toutefois, rappelons qu’en réalité, compte tenu de la forte baisse des indices depuis quelques mois, un repli que les valeurs suivent, avec une amplitude bien supérieure, volatilité oblige, le niveau du titre a bien résisté. Un gros coupon de 1,30 euro qui le classe parmi les valeurs du CAC 40 dont le rendement annuel, équivalent à 6,5%, est le plus généreux, a en effet été distribué le 3 juin. Du coup, une fois ce dividende encaissé, le titre s’est mécaniquement replié d’autant… En outre, dans un contexte baissier pour plus de 90 % des valeurs cotées, ce niveau du titre constitue aujourd’hui un solide support, son cours ayant fréquemment augmenté tandis que l’indice phare subissait d’importantes dépréciations journalières. Il faut dire que les fondamentaux du groupe sont de bonnes factures. Composés, l’année dernière, d’un cash flow élevé de 7,8 milliards d’euros, cette cash machine est bien gérée. Avec un chiffre d’affaires annuel en légère hausse de 2,8% à 53 milliards d’euros, rappelons que France Télécom a dégagé un bénéfice net en progression de 53,6% à 6,3 milliards d’euros.
D’ailleurs les analystes ne s’y trompent guère. Ils estiment, en effet, la valorisation de l’action à moins de 9 fois le bénéfice net du groupe pour l’exercice en cours, lui attribuant un objectif moyen élevé de 24 euros. Une belle prime en perspective et surtout une bonne opportunité d’achat, cette valorisation étant très sage, comparée à celle d’un grand nombre d’homologues du secteur. D’autant que l’endettement du leader français de la téléphonie a fortement diminué. FT bénéficie ainsi d’une importante manne financière. De quoi lui permettre d’améliorer sensiblement, grâce à de futurs investissements, son périmètre à l’international...
Confiant dans la capacité de rebond du titre, notre stratégie est donc haussière à court terme ; Elle s’accompagne d’un produit dérivé doté d’un effet de levier. C’est pourquoi, nous privilégions la prudence, bon timing oblige, d’autant que la tendance actuelle reste, pour le moment, baissière. Nous fixons donc notre limite d’achat sur le certificat Power up France telecom émis par ABN Amro (code 1070N) à partir d’un repli du titre autour de 18 euros. Ce seuil équivalent à un bon support graphique à court et à moyen terme, une fois rejoint, le titre devrait ainsi rebondir de plus belle. De quoi permettre à l’investisseur d’intervenir plus sereinement sur ce produit dont, seul le nom change par rapport au Turbos sans échéance émis par Société Générale ou Commerzbank. Son fonctionnement étant identique à ces Turbos de dernière génération récemment et souvent conseillés dans notre magazine et dans notre site Internet.
Ajoutons que, comme BNP Paribas, la banque hollandaise a préféré préserver la juridiction de ce produit dérivé dont la fiscalité est, ici, celle d’un certificat tandis que la majorité des émetteurs lui ont donné la dénomination de warrant. Soit, en réalité, une fiscalité quasi équivalente compte tenu du profil sans échéance du produit et de sa composition identique à deux seuils (un prix d’exercice inférieur et une barrière désactivante, sans appel, plus élevé). Sachant que, si le produit est désactivé, il ne cotera plus, et l’investisseur encaissera alors, sous une condition (lire ci-dessus), la différence entre ces deux seuils, pour ce Power up, respectivement de 13,30 et 15,80 euros, éloignés ainsi du cours de l’action. Le tout, à diviser par la parité, volontairement, simplifiée du produit (un certificat pour une action). Soit, une mini soulte, au maximum de 2,2 euros, à encaisser actuellement, sachant que ces barrières évoluent sur la base d’un taux d’interet annuel de 6 à 6,5% l’an et que le coupon de 1,30 euro, distribué le 3 juin aux actionnaires, se déduira le mois prochain de la barrière désactivante. De quoi certes diminuer encore la prise de risque sur le produit, mais aussi la somme à encaisser si cette situation facheuse se présentait. Dans ce contexte, si le titre se repliait encore, un peu en dessous de 16,50 euros, nous invaliderions notre scénario, ce bas niveau pouvant exposer plus sensiblement le détenteur du produit au risque d’atteindre cette barrière, à éviter.
Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité en conséquence… |