A son cours de clôture de 17,26 euros, le titre EADS bénéficie certes d’une belle progression journalière (+3,66%). Toutefois, force est de constater que dans l’ensemble, sur le plan de l’analyse technique la valeur n’a pas la cote auprès des investisseurs. Les retards de livraisons d’Airbus, dévoilés l’année dernière, restent encore en mémoire pour ces derniers. Ce qui explique en partie le bas niveau de l’action qui a déjà perdu la moitié de sa capitalisation boursière en moins de 2 ans. Sachant qu’en novembre 2007, elle flirtait encore avec des niveaux bien supérieurs, autour de 25 euros. Bref, elle accuse une baisse bien plus significative de 33% accusé en 4 mois. Pour autant, notre conviction sur ce sous-jacent est sans conteste haussière. Le marché semble pour le moment ne pas tenir compte d’un grand nombre d’éléments fondamentaux positifs qui devraient rapidement redorer le blason du groupe. De quoi escompter un fort rebond de l’action à court terme.
Rappelons tout d’abord que si l’année dernière le groupe accusait des pertes, pour l’exercice en cours les analystes financiers sont en revanche positif, à juste titre, sur la valeur. Ils estiment sa valorisation à moins de 10 fois son bénéfice annuel. Ce qui, soit dit en passant, lui octroie un PER (price earning ratio) inférieur à celui de la concurrence : une bonne opportunité d’achat. La sanction du marché n’est donc aujourd’hui guère justifiée. Rappelons en effet que le niveau du titre équivaut à celui qu’il connaissait en 2003, une année catastrophe pour l’ensemble des valeurs cotées… Or, depuis les fondamentaux du groupe se sont sensiblement améliorés.
Battu de peu. Airbus a enregistré en 2007 1 341 commandes, alors que son concurrent Boeing a vendu 1 413 appareils. Mais la filiale d'EADS prend sa revanche grâce aux livraisons : Airbus a livré 453 appareils, soit 19 de plus qu'en 2006, alors que le géant américain n'a livré que 441 appareils l'an dernier. Numéro un ou pas, le groupe européen d'aéronautique et de défense peut se frotter les mains grâce à ces chiffres historiques qui dépassent toutes ses espérances.
Airbus précise par ailleurs que les commandes 2007 représentent 157,1 milliards de dollars au prix catalogue. Elles comprennent 913 appareils de la famille A320, 405 A330/A340/A350, ainsi que 23 A380. Fin 2007. Sans oublier le carnet de commandes d’EADS qui, à 3 421 appareils, représentent six années de production. Il s'agit « du plus gros carnet de commandes jamais enregistré dans l'histoire de l'industrie aéronautique », se félicite le numéro 2 mondial du secteur. Pour 2008, il prévoit de livrer plus de 470 appareils. Soit un niveau de commandes inférieur à celui enregistré l'année précédente mais supérieur au chiffre des livraisons.
Autre bonne nouvelle pour Airbus : Power 8, son programme de restructuration adopté en février dernier, a dépassé ses objectifs en 2007 en permettant de réaliser des économies de près de 500 millions d'euros. Les postes de structure ont ainsi été réduits de 30%, sur les 10 000 postes ciblés jusqu'en 2010. EADS a précisé qu'il devrait prendre de nouvelles mesures afin de limiter la dépendance du groupe aux fluctuations du dollar.
Autant d’éléments positifs pour asseoir notre stratégie haussière sur la valeur. Nous privilégions néanmoins un bon support graphique afin d’intervenir avec un meilleur timing sur le warrant classique de notre sélection émis par Citi.
C’est pourquoi nous fixons notre limite d’achat sur ce call à partir d’un léger repli du sous-jacent, autour de 16,50 euros. Nous invaliderions par ailleurs notre scénario si ce dernier se repliait encore sous 15 euros, ce niveau une fois rejoint pouvant déclencher une nouvelle descente aux enfers de l’action. Avec, à la clé, une plus forte exposition au risque de subir alors un prix du produit s’approchant sensiblement de 0 cent. Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité en conséquence. Prudence oblige !
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