Les avis des analystes sont partagés concernant l'avenir du titre EADS. Pour les uns, tels ceux de Crédit Suisse, ont abaissé leur objectif sur la valeur jusqu'à 18 euros. D'autres, chez Deusche Bank mi figues mi raisins, ont certes récemment augmenté leur objectif de 19 à 21 euros sachant que la valeur vaut déjà beaucoup plus aujourd'hui (23,15 euros), sans le réviser depuis. Enfin, l'argumentation du dernier concensus, notamment, chez JP Morgan plus optimistes, qui estime que « plusieurs éléments, qui ont pesé sur le groupe d'aéronautique et de défense seront bientôt derrière lui, tablant ainsi sur des objectifs plus élevés, vers 26 euros », nous semble plus convaincante. L'intermédiaire financier se montre agréablement étonné par le rebond des commandes du groupe, qui pourraient atteindre le nombre de 2600 cette année, soit la deuxième meilleure performance historique du groupe après l'exercice 2005. L'analyste ajoute que la série d'événements défavorables qui a plombé le géant européen touche désormais à sa fin, même si un certain nombre de risques entourent encore l'A400M, le niveau du dollar, l'A380 et l'enquête sur d'éventuels délits d'initiés.Selon lui, le mode de gouvernance n'est pas encore idéal, mais cela est désormais largement intégré dans les cours. De rajouter : « après avoir affiché des performances boursières inférieures de 17% à celles de Boeing au cours des trois derniers mois et de 84% sur les deux ans écoulés, le titre EADS affiche la valorisation la moins chère de l'ensemble du secteur ». Dans son étude, l'analyste évoque une série de 'catalyseurs positifs' à court terme, dont la première livraison de l'A380 en octobre. Seul argument avec lequel nous serions en désaccord : celui qui met en exergue la valorisation de l'action, la moins chère, selon lui,  pour l'ensemble du secteur. Sachant que, un important consensus recensé chez Jacques Chahine Finance (JCF), annonce une valorisation du titre équivalente, en moyenne, à 80 fois le bénéfice net pour l'exercice en cours. Un titre au contraire chèrement payé, d'un premier abord, sauf évidemment, si la conjoncture, quant au ventes et aux commandes du groupe, évoluait positivement et rapidement. Ce qui ne nous semble guère à exclure… Bref, nos lecteurs l'auront compris, convaincu d'un rebond rapide du titre, notre scénario est haussier. D'autant que sur le plan de l'analyse technique, le titre qui sort en hausse d'une configuration en double creux et la tendance positive dont il bénéficie ne devrait pas s'arrêter en si bon chemin. A moins d'un repli des indices boursiers que les valeurs cotées suivent dans leur ensemble. De quoi justifier le repli préconisé de notre limite d'achat… Afin d'accompagner notre stratégie avec, certes, un fort effet de levier, mais aussi une prise de risque bien contrôlée, nous recommandons aujourd'hui l'achat d'un Turbo sans aucune échéance, émis par Commerzbank (code 4482Z). Un Turbo, dont le mécanisme, évidemment, diffère légèrement des Turbos classiques, dotés d'une échéance. Sachant que sur ces produits, si le prix d'exercice équivaut lui aussi à une barrière désactivante, la performance négative accusée alors ne traduira pas une perte intégrale et définitive comme pour les autres Turbos, le prix d'exercice étant la dernière référence… Sur ces Turbos, nouvelles générations, figurent en effet, au dessus du prix d'exercice (dans le cas d'un call ou en dessous de celui d'un put) une barrière que nous dénommerons seuil de référence, qui, une fois touchée, attribuera certes à son détenteur une perte à accuser. Toutefois, une soulte plus ou moins importante en fonction du moment de l'achat du produit, lui sera reversée, représentant alors la différence entre le prix d'exercice et ce seuil de référence, le tout à diviser par la parité du produit. Par exemple, sur ce Turbo, le seuil de référence se situe à 20,02 euros tandis que son prix d'exercice est de 19,07 euro. Bref, si nos lecteurs ne tenait pas compte de notre seuil de sécurité paramétré sur la base d'une baisse du sous-jacent sous 21,50 euros, de quoi augmenter sensiblement le risque de toucher première barrière à éviter, ils  pourraient ainsi encaisser ce différentiel. Soit, un montant bien inférieur à leur prix d'achat (-68%), notre limite d'achat sur ce Turbo, sans échéance, étant fixée à partir d'un repli de l'action un peu en dessous de 22,50 euros.  Rappelons enfin que la cotation du produit doit être, à un ou deux cent près, systématiquement égal à son unique valeur intrinsèque, le prix d'exercice (lire notre lexique) et le seuil de référence dont le financement est calculé au taux de l'argent  plus 2 à 2,5% annuel, le tout facturé par l'émetteur, augmentant ainsi, au fur et à mesure que le temps passe, sur cette base de taux. Eric ATTAL |