Malgré des nouvelles fraîches en demi-teinte sur le groupe EADS, notre stratégie est haussière. Selon Les Echos, l'armée de terre française pourrait reporter sa commande de l'hélicoptère de transport NH90 fabriqué par Eurocopter, filiale du groupe EADS. Sur 34 hélicoptères commandés, seul un contrat concernant 12 appareils aurait, pour le moment, réellement abouti. En outre, les affaires d'EADS en Russie ne lui profitent guère. Depuis son refus d'accorder une minorité de blocage à la banque publique Vnechtorgbank, qui détiendrait déjà 5 % du capital du numéro deux mondial de l'aéronautique, les tensions sont bien présentes. Par exemple, une commande d'Aeroflot, dont l'Etat russe est actionnaire à 50 %, pour 22 Airbus long-courriers, estimée à environ 3 milliards d'euros, a été reportée à 2008. Alexandre Lebedev, PDG de la National Reserve Corporation qui détient 30 % du capital de l'avionneur russe, a d'ailleurs annoncé être intervenu pour acheter 22 exemplaires du futur Boeing 787 Dreamliner. Et d'ajouter : « Nous voulons éviter que ne tombe à l'eau une telle commande, nécessaire à la modernisation de la flotte long-courrier de la compagnie aérienne russe ». Reste que, à son cours de clôture de 22,39 euros, le niveau du titre est attrayant et il semble déjà intégrer les mauvaises nouvelles. D'autant que, selon les experts, les cours du pétrole, en baisse, devraient faciliter les ventes d'avions. Les commandes d'Airbus à l'international continuent d'affluer. Quant au carnet de commandes, il couvre deux années d'activité. Bref, le titre, qui se paie à peine 10 fois le bénéfice estimé par les analystes pour l'exercice en cours, représente une bonne opportunité d'achat. C'est pourquoi nous recommandons, cette semaine, un warrant Turbo call (code 3151C) émis par Citigroup. Ce produit dérivé, qui était encore un certificat avant le 24 mai, bénéficie de plusieurs avantages, le plus récent étant de ne plus être tributaire de la fiscalité des certificats, pénalisés jusqu'alors par l'IRPP. Pour les autres vertus et handicaps qui le composent, rien n'a changé, sa barrière désactivante étant toujours sans appel. Si elle était rejointe, le certificat serait retiré de la cote et les pertes à assumer seraient intégrales. Notre choix sur ce produit est dû à sa barrière de 20 euros, encore éloignée du cours de l'action. Et, sur les Turbo, la valeur temps est quasi inexistante. L'échéance courte de ce warrant, très réactif, est donc moins rédhibitoire. Mais le timing est essentiel. Nous fixons donc notre limite d'achat à partir d'un mini repli du titre équivalant à un bon support graphique, un peu supérieur à 22 euros.  Eric ATTAL |