Les fondamentaux de la banque franco-belge sont de bonne facture. Grâce à une forte croissance (+ 30 %) au quatrième trimestre 2005, le résultat net du groupe pour l'ensemble de l'année s'affichait en hausse de 11,9 %, à 2,04 milliards d'euros. De la sorte, si notre conviction sur la valeur est baissière, c'est surtout dû à l'analyse technique. Lorsqu'un objectif sur le sous-jacent est visé à travers des warrants, il est en effet nécessaire de l'envisager à court terme. Car, s'il est vrai que les fondamentaux permettent à l'investisseur d'anticiper le mouvement du sous-jacent, l'analyse technique reste néanmoins l'outil de référence pour appuyer toute intervention sur le marché des produits dérivés. Or, depuis le début de l'année, le titre Dexia évolue dans un petit canal entre 19,50 et 21,60 euros. Par ailleurs, sur la période, la valeur, bien plus volatile que le CAC 40, a bénéficié d'un plus faible rebond. Alors que l'indice a progressé de plus de 11 %, à 21,50 euros, le titre Dexia s'est essoufflé, avec une piètre performance (+ 9 %). En outre, les bons chiffres comptables du groupe, annoncés le 2 mars, s'étaient soldés en séance par une baisse du titre. Sans compter que, malgré un niveau proche d'un record historique de 21,66 euros atteint le 23 février, la faible hausse du sous-jacent témoigne de la réserve prudente des investisseurs. Peut-être dans l'attente du nouveau plan qui devrait être bientôt annoncé par Axel Miller, administrateur délégué de Dexia... Reste que plusieurs analystes, notamment chez KBC, Cheuvreux ou encore Standard & Poor's, sont négatifs sur la valeur, avec des objectifs vers 19 euros. Enfin, sur le plan graphique, la cassure récente d'un support vers 21 euros signale une probable consolidation. Nous tenons compte d'un dividende de 0,71 euro (+ 14,5 % par rapport à 2004), qui devrait être distribué le 24 mai. C'est pourquoi notre limite d'achat sur le put émis par Commerzbank (code 4925Z), déterminée sur la base d'un retour du titre sur son record historisue, est valable jusqu'à la veille du détachement de ce gros coupon. Prudence oblige ! Et il ne faut pas ignorer la possible cassure d'un seuil haussier, au-delà de 22,50 euros, qui propulserait le sous-jacent vers de plus hautes sphères. De quoi représenter un réel danger pour les détenteurs de warrants, qui perdraient alors l'intégralité de la mise investie. D'autant que si le titre progressait vers ce seuil après le 24 mai, il diminuerait mécaniquement de 0,71 euro, autour de 21,90 euros. Nous paramétrons donc notre seuil de sécurité afin d'éviter ces situations pénibles et de limiter la casse si elles se présentaient. Eric ATTAL |