Hier, Michael Sellam, gérant d’Iris Finance indiquait à juste titre, lors d’une interview : « On constate depuis environ 2 semaines que le marché ne réagit plus aux mauvaises nouvelles, malgré une forte augmentation des dépréciations d’actifs et des annonces de récession de l’économie américaine de plus en plus manifestes. Nous craignons que la crise financière que nous avons connue se propage à l’économie réelle. Le CAC 40 de son côté résiste de manière assez extraordinaire. A chaque fois que le consensus prévoit une forte correction du CAC suite à la clôture en baisse la veille des marchés américains, le CAC 40 réagit plutôt bien. On remarque notamment que les flux vendeurs ont cessé et que la profondeur du marché à l’achat augmente, ce qui est une bonne nouvelle ».
Alors, peut-on espérer un fort retour haussier de l’indice phare, à court terme ? Cela nous semble peu probable. S’il est vrai que la progression des indices traduit le regain d’intérêt des investisseurs pour plusieurs valeurs, rappelons quelques éléments qui devraient malheureusement inverser la donne. En ce qui concerne la crise des subprimes, plusieurs institutionnels déclarent ouvertement, tels UBS, qu’il est difficile pour un grand nombre de banques européennes et américaines de chiffrer les dégâts futurs qu’elle pourrait entraîner. Le tout, avec une connotation négative. Sachant que selon plusieurs spécialistes, les pertes accusées devraient être bien supérieurs aux prévisions déjà dévoilées…
Toutefois, à ce fléau du moment pourrait s’ajouter un autre fléau denommé « crédit Alt A ». Cet article, résumé, daté du 24 mars, qui figure dans le site Liberation.FR est en effet très convaincant. De quoi appuyer notre conviction baissière sur l’indice à partir d’un niveau un peu plus élevé afin de profiter de ce léger retour haussier du marché. Bon timing oblige !
« L’agence de notation financière Standard & Poor’s l’annonçait la semaine dernière, la crise des subprimes pourrait migrer vers une autre catégorie de prêts : les Alt-A. Elle est située entre les subprimes (considérés comme risqués) et les primes (considérés comme sûrs). Condition pour bénéficier d’un crédit Alt-A : avoir un historique de crédit sans tache, c’est-à-dire ne pas avoir connu d’incidents de paiement par le passé. Ce qui n’empêche pas le prêt d’être considéré comme risqué car l’emprunteur n’a pas à donner d’informations sur ses revenus. Autre caractéristique qui fait des Alt-A une bombe à retardement, les emprunteurs n’ont, durant les premiers mois ou les premières années, que de faibles mensualités à rembourser. Mais si la différence entre le montant restant à rembourser et le prix estimé du bien dépasse un certain seuil, les remboursements sont immédiatement revus à la hausse.
Avec le ralentissement économique et la chute du marché immobilier, les remboursements augmentent et les emprunteurs commencent, à leur tour, à ne pas pourvoir y faire face. Selon S & P, le taux de défaut sur les prêts Alt-A titrisés, c’est-à-dire les crédits Alt-A revendus sous forme de titres financiers Residential Mortgage Backed-Securities (RMBS) à d’autres investisseurs, a atteint 10 % en février, en hausse de 14 % par rapport à janvier. Même la Réserve fédérale (Fed) l’a remarqué : «Le niveau élevé des défauts de remboursement et des saisies immobilières n’est pas limité aux subprimes», a déclaré Ben Bernanke, le président de la Fed. Si la récession est au rendez-vous aux Etats-Unis, les prêts Alt-A risquent de connaître la même célébrité que les subprimes. L’agence Fitch évalue le montant des prêts Alt-A émis entre 2005 et 2007 à 600 milliards de dollars (388 milliards d’euros). Et a déjà décidé de placer 160 milliards de ces titres sous surveillance ». Intéressant !
Afin d’accompagner notre scénario baissier, nous privilégions un Turbo illimité (sans échéance) émis par Commerzbank, pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, comme pour les Turbos classiques, ces warrants de dernières générations sont peu tributaire de la valeur temps. Ajoutons que sur ces produits, l’acheteur d’un put est considéré comme un prêteur d’argent. Du coup, le financement dédié aux calls d’environ 6,5% l’an qui augmente ainsi les deux barrières du Turbo illimité (sa barrière désactivante et son prix d’exercice) ne représente là aussi qu’un très faible handicap, ses dernières ne bougeant quasiment pas. La raison : ce taux d’intérêt avantage l’investisseur. Enfin, si la barrière désactivante est sans appel : une fois atteinte l’investisseur perdra une bonne partie (différence entre la barrière désactivante et le prix d’exercice), voir l’intégralité de sa mise (notamment si les mouvements de l’indice varient fortement entre la veille et l’ouverture du marché), les compensation sont bien présentes. La volatilité, moins ostentatoire sur les Turbos, justifie un effet de levier souvent supérieur à celui des warrants classiques.
Enfin, plusieurs parades permettent d’éviter cet inconvénient de taille. Nous recommandons notamment de sélectionner des produits aux barrières assez éloignées et de ne pas se laisser influencer par le manque d’échéance sur les Turbos illimités. Plus le temps, passe plus le risque d’atteindre la barrière peut en effet augmenter…
Sur ce Turbo (code 2305Z)), nous fixons notre limite d’achat à partir d’un léger rebond du sous-jacent, un peu en dessous de 4950 points. Pour autant, nous tenons compte d’une hausse supplémentaire du CAC, au delà de 5100 points. De quoi propulser alors l’indice vers de plus hautes sphères, augmentant ainsi sérieusement l’exposition au risque, pour le détenteur du produit. Ce dernier pourrait en effet subir rapidement un dépassement de la barrière désactivante du Turbo, situé à 5320 points. Nous invaliderions notre stratégie, paramétrant ainsi notre seuil de sécurité. Objectif : éviter cette pénible situation…Sait-on jamais !
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