Depuis plusieurs mois, pour l'ensemble des valeurs cotées, les mouvements graphiques s'amplifient à la baisse. Du coup, la volatilité historique des actions et celle, implicite, des warrants augmentent.
Quant à leur élasticité (effet de levier réel du warrant) elle diminue fortement. Car plus ces derniers sont volatils, moins leur effet de levier est élevé et vice versa. Question d'équilibre ! On bénéficiera
donc d'une performance similaire sur des warrants associés à des sous-jacents dont la volatilité est pourtant en retrait comparée à celle d'autres valeurs. Dans ce contexte, un faible mouvement sur le titre Air liquide, par exemple, serait mieux récompensé ou plus lourdement sanctionné sur les warrants associés. Si une variation de 15 à 20 % attendue en moins de deux mois paraît en effet peu probable pour certaines valeurs peu volatiles, pour d'autres, telle Air France -KLM, qui nous intéresse plus particulièrement compte tenu de son profil devenu plus attrayant, de tels mouvements se sont déjà réalisés en quelques séances à maintes reprises. Voilà pourquoi le pari, plus aisé sur ces sous-jacents très volatils, s'accompagne d'une cote (effet de levier) inférieure. Le cas, bien connu dans le monde des courses de chevaux, correspondrait à la différence entre un favori et un outsider...
Rappelons que l'action Air France - KLM a retrouvé son niveau de 2001, rejoignant à 16,70 euros un plus-bas qu'elle n'avait pas atteint depuis juin 2006. En outre, passée de 39,40 euros en juin 2007 à 19,20 euros, elle accuse déjà un énorme repli de 51 % en un peu plus de six mois. Soit un bêta quasiment 2,5 fois supérieur à celui du CAC 40, qui affiche sur cette courte période une baisse moins conséquente, à 4 850 points (- 21 %). De quoi justifier la forte volatilité de ce sous-jacent.
Reste que, sur ce titre bradé dont la valorisation est estimée par les analystes à moins de 6 fois le bénéfice net pour l'exercice en cours, la sanction semble exagérée. Comme l'expliquait le PDG du groupe, Jean-Cyril Spinetta, lors de la publication de ses résultats au deuxième trimestre 2007 (en hausse de 97 %, à 736 millions d'euros), « nos excellents résultats semestriels sont le fruit d'efforts pour limiter la
hausse des coûts. Cette maîtrise des charges reste un enjeu essentiel pour assurer notre développement au niveau mondial ».
Nous sommes convaincus de la proximité d'un fort rebond du titre. Toutefois, comme pour la plupart des valeurs, les mouvements de ce dernier suivent, en les amplifiant, ceux des indices. Par exemple, il a
connu, la semaine dernière, en une séance, une variation supérieure à 12 %.
Cela nous incite à nous référer prudemment à l'analyse technique. Nous fixons donc notre limite d'achat sur le warrant émis par Dresdner Kleinwort (code 3410D) à partir d'un repli du titre autour de 17,50 euros, équivalent à un bon support graphique. Nous invaliderions notre scénario s'il poursuivait sa descente vers 16 euros, ce bas niveau de l'action pouvant déclencher un plus fort repli...
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