Certes, comme cela est le cas depuis peu, pour un grand nombre de compagnies aériennes, les problèmes sont bien présents chez Air France. Entre le pétrole qui a fortement augmenté, les grèves et les problèmes de bagages qui en ont, notamment, découlé… l'euphorie n'est guère de mise. Reste que, la sanction du marché nous semble excessive. A son cours de clôture de 23,68 euros, la valorisation du titre, estimée par les spécialistes à moins de 8 fois lé bénéfice net pour l'exercice en cours, figure parmi les moins élevées du secteur. A son niveau actuel il représente donc une bonne opportunité d'achat. S'il est vrai que plusieurs analystes, tels ceux de Citigroup, ont légèrement diminué leur objectif à moyen terme, ces derniers qui étaient à conserver passent aujourd'hui à l'achat, tablant sur un cours moyen de 35 euros. Soit, sur la période (un an au minimum), une belle prime en perspective (+50% environ) sur ce sous-jacent. D'autant que, Air France devrait encore bénéficier de synergies et d'opportunités grâce à sa récente coentreprise, signée avec l'américain Delta. De quoi doper ses marges à compter du printemps 2008. Inutile donc d'insister, nous sommes confiant quant à la capacité de rebond de l'action. Néanmoins, malgré notre conviction haussière, nous préservons une certaine réserve. Une prudence due aux caprices des indices et à leur tendance, momentanément baissière, que les valeurs suivent avec une volatilité globalement supérieure. Sans oublier nos stratégies, liées à des produits dérivés, le plus souvent, de courtes durées. Ce qui explique le repli de notre limite d'achat sur ce Turbo émis par Dresdner Kleinwort (code 2813D), un warrant de dernière génération que nous privilégions compte tenu de son effet de levier bien supérieur à celui des warrants classiques associée à une prise de risque relativement faible. Afin d'intervenir à l'achat avec un bon timing, nous déterminons notre seuil d'intervention à partir d'un niveau du titre équivalent à un support graphique de long terme, autour de 23 euros. Nous tenons compte par ailleurs d'un plus fort repli du titre sous 21,50 euros, dangereux pour notre scénario haussier. La barrière désactivante, sans appel, à 19 euros sur le produit serait alors plus inquiétante, sachant que cette dernière, une fois rejointe traduirait une perte intégrale et définitive pour l'investisseur. A éviter, ce support d'extrême limite pouvant fortement plomber l'évolution du sous-jacent, nous paramétrons notre seuil de sécurité afin de diminuer le risque d'exposition. Sait-on jamais ! Eric ATTAL |