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une union avec areva favoriserait notre développement
La Vie Financière N°3250 / Vendredi 21 Septembre 2007 / Catégorie : Bourse

alstom est au coeur des spéculations. Le fabricant de TGV et de turbines serait, selon différents scénarios, déjà marié avec le géant du nucléaire Areva. Le PDG d'Alstom calme le jeu, sans cacher son intérêt pour une telle opération.
 
Patrick Kron, président-directeur général
 

Avant même que les bans ne soient publiés, le marché a déjà marié Areva et Alstom. Que vous inspire cette spéculation ?

P. K. Il n'y a rien de nouveau sur le sujet. L'Etat français, actionnaire majoritaire d'Areva, réfléchit au développement stratégique de l'entreprise et à ses conséquences sur l'évolution éventuelle de son capital. Quand nous sommes interrogés sur ce sujet, nous donnons notre avis. Nous avons toujours dit qu'un rapprochement industriel avec Areva aurait du sens et que nous n'étions pas intéressés par une simple prise de participation financière. Quand l'actionnaire d'Areva aura défini ses options, nous prendrons position. Aujourd'hui, malgré l'excitation des banques d'affaires et des médias, privilégier telle ou telle option serait prématuré.

Quels seraient les principaux avantages - les fameuses synergies - d'un tel rapprochement ?

De toute évidence, il existe des synergies entre certaines activités d'Areva et celles d'Alstom. Le métier central d'Areva, c'est l'énergie nucléaire ; or Alstom intervient dans ce secteur en fournissant les îlots conventionnels, c'est-à-dire les turbines et les alternateurs qui permettent de transformer la chaleur du réacteur nucléaire en électricité. Nous détenons 30 % de ce marché au niveau mondial. Plus généralement, Areva et Alstom servent les mêmes clients sur le marché mondial de la génération d'électricité. Reste maintenant à étudier si l'union de nos forces favoriserait le développement de nos affaires, si la complémentarité de nos gammes de produits serait un atout. Je le pense.

Un des freins à ce Meccano industriel est la présence de Siemens dans le capital d'Areva NP (ex-Framatome). Pour l'inciter à vendre sa participation, certains avancent que vous pourriez lui céder votre branche transport ?

Alstom a vocation à croître ; donc, notre activité transport n'est pas à vendre et ne le sera pas. L'environnement est porteur dans le transport. La hausse du prix de l'essence, la congestion des villes, la pollution... tout concourt au développement de ce secteur, que ce soit dans les lignes à très grande vitesse, avec le TGV, ou dans les transports collectifs, métro ou tramway, qui connaît un essor sans précédent. Nous sommes parfaitement placés pour saisir ces opportunités.

La récente commande record de la SNCF ou le prestige du TGV n'ont pas empêché Alstom de perdre le mégacontrat en Ile-de-France face à Bombardier. La concurrence est-elle de plus en plus rude ?

Il est facile de gagner des marchés en faisant une croix sur la rentabilité. Nous ne faisons pas la course aux volumes et nous voulons allier le développement de nos ventes au respect de nos objectifs de marge. D'ailleurs, même avec cette politique stricte, Alstom est devenu en 2006 le premier acteur mondial du transport ferroviaire.

A voir le boom de la demande en énergie, on a tendance à oublier que ce secteur est cyclique. Sommes-nous dans un « super-cycle » ?

Il est vrai que, dans le passé, le marché de la génération d'électricité a eu des hauts et des bas, ce qui nous incite à la prudence dans nos décisions d'augmentation de nos capacités de production. Mais nous ne voyons aujourd'hui aucun signe annonçant un quelconque retournement. Les facteurs macro-économiques sont très favorables. La croissance mondiale crée des besoins en électricité et la préoccupation croissante pour la sauvegarde de l'environnement incite les clients à choisir des technologies plus performantes ou à moderniser leurs centrales, afin qu'elles dégagent moins de CO2. Ce phénomène nous permet de valoriser nos technologies et nous protège de nos concurrents situés dans les zones à faible coût de main-d'oeuvre par rapport auxquels nous gardons plusieurs longueurs d'avance en matière de technologies.

Après un excellent premier trimestre, le marché s'attend à ce que vous dépassiez largement vos objectifs pour 2007-2008, à savoir une croissance à deux chiffres des ventes et une marge opérationnelle d'au moins 7 %...

Je suis très confiant dans la tenue de ces objectifs. Notre carnet de commandes nous assure une bonne visibilité ; c'est pourquoi nous avons engagé un programme d'investissements supplémentaires dans la génération d'énergie et nous continuons notre politique active de recrutement. Quant à la croissance future, nous resterons sélectifs dans nos prises de commandes. Nous ne transigerons pas sur ce point, sous prétexte de faire du chiffre d'affaires.

Vous êtes en train de boucler l'acquisition d'un producteur espagnol d'éoliennes. Quelles sont vos ambitions dans ce secteur ?

Alstom possède une gamme complète de technologies dans la production d'énergie et occupe le premier rang mondial dans l'hydraulique, le charbon, le gaz et le nucléaire. Mais nous étions absents de l'éolien. Avec l'acquisition d'Ecotècnia, nous élargirons notre offre pour nos clients. La part de marché - 2 % - est certes encore modeste, mais c'est un début.

En vous rasant le matin, vous arrive-t-il de penser à la présidence du futur Areva-Alstom ?

Absolument pas !


A toute vapeur !

Patrick Kron, PDG d'Alstom, s'en montre convaincu. Certes, une union avec Areva serait une belle opportunité de développement, mais le fabricant de turbines et de TGV peut aussi très bien rester seul, tant ses marchés sont porteurs. La demande croissante en énergie, la nécessité de réduire les émissions de CO2 dopent sa branche d'équipements d'énergie et son activité de services aux marges élevées. Dans le transport aussi, le baromètre est au beau fixe. Alstom a déjà vendu plus de 1 000 tramways Citadis dans vingt-cinq villes du monde et peut compter sur le prestige de son TGV. Avec un début d'exercice sur les chapeaux de roue et un carnet de commandes étoffé, nul doute que le groupe dépassera ses objectifs. Un élément déjà intégré par les investisseurs, ce qui nous incite à conserver la valeur

Alstom en chiffres

Rentable

7,4 %

C'est la marge opérationnelle attendue par les analystes en 2007-2008. Un niveau supérieur aux objectifs fixés par la direction mais réalisable étant donné le bon début d'exercice.

Visibilité

35,9 MdsEuro(s)

C'est le montant du carnet de commandes à fin juin 2007, soit environ vingt-neuf mois de chiffre d'affaires.

Record

574,8 km/h

C'est le record de vitesse réalisé par le TGV construit par Alstom. Avec 5,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006-2007, le groupe occupe la première place mondiale de l'industrie ferroviaire.

Dividende

0,80 Euro(s)

C'est le dividende versé par Alstom au titre de l'exercice 2006-2007, procurant un rendement de 0,5 %. Un peu léger direz-vous, sauf que cela faisait cinq exercices qu'aucun dividende n'avait été versé, crise oblige.

Frédéric Cazenave et Jean-Jacques Avédissian
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
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+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
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