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| une opa sur gemalto n'est pas à exclure |
| La Vie Financière N°3186 / Vendredi 30 Juin 2006 / Catégorie : Bourse |
Olivier Piou, directeur général |
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Certains actionnaires de Gemplus espèrent encore un relèvement de votre offre. Est-ce réaliste ? O.P. Pas du tout ! Ceux qui décideront de ne pas apporter leurs titres doivent le faire en connaissance de cause. Le flottant de Gemplus sera réduit, et ce titre ne sera pas le meilleur véhicule pour jouer le potentiel du marché de la carte à puce. Surtout, nous ne procéderons pas à une offre de retrait. La loi luxembourgeoise, dont dépend Gemplus, n'autorise pas une telle opération. Nous n'avions déjà aucune obligation de déposer notre offre publique d'échange. En effet, nous aurions très bien pu nous contenter de l'apport des titres de la famille Quandt et du fonds TPG, qui représentaient 43,4 % du capital de Gemplus. Mais nous avions le souci de respecter l'équité entre les actionnaires. Axalto et Gemplus ayant des clients en commun, votre chiffre d'affaires sera amputé de 5 à 7 %. Gemalto sera-t-il tout de même en croissance cette année ? Malgré ce phénomène, Gemalto devrait afficher une hausse de son chiffre d'affaires en 2006. Dès 2007, la progression des ventes retrouvera un rythme plus soutenu, avec une croissance annuelle pondérée de 10 % au cours des trois prochaines années. Votre optimisme tranche avec la morosité actuelle de l'industrie... Je suis en effet très positif pour 2007. Sur le marché de l'identité (passeports électroniques, carte Vitale...), notre chiffre d'affaires devrait enregistrer une croissance à deux chiffres. De nombreux contrats remportés ces derniers mois monteront en puissance dès l'an prochain. Le marché des passeports américains, par exemple, est estimé entre 80 et 100 millions de dollars par an, et nous avons bon espoir de participer largement à ce déploiement. Dans les cartes bancaires, de plus en plus de pays se convertissent à la puce. Au Royaume-Uni, où nous sommes leader, le renouvellement du parc de cartes soutiendra notre croissance dès la seconde moitié de 2006. Ajoutez le déploiement du DDA (nouvelle technologie antifraude) en France, notre bonne implantation en Allemagne, et la croissance de Gemalto avoisinera 10 % en 2007 sur ce marché, qui souffre peu des pressions tarifaires. Il n'en va pas de même pour les cartes SIM pour téléphones portables, votre principal marché. La chute des prix est-elle terminée ? Les fortes baisses de prix du premier trimestre se sont prolongées ces derniers mois. D'un côté, nos concurrents ont tenté de profiter de l'union Axalto-Gemplus pour nous prendre des parts de marché ; de l'autre, le poids des pays émergents, consommateurs de cartes à plus faible valeur ajoutée, a augmenté dans notre activité. Mais cette situation devrait devenir plus favorable dès la seconde partie de l'année. Dès lors, une progression des ventes sur le marché de la carte SIM reste possible en 2006. Pour 2007, nous devrions renouer avec un rythme à deux chiffres. Quelles solutions restent à vos concurrents, marginalisés par la naissance de Gemalto ? Ils n'ont que deux possibilités : se rassembler ou devenir de simples acteurs locaux, au risque de ne plus être compétitifs et de manquer d'une force de frappe suffisante en recherche-développement. Si les différents acteurs européens ne parviennent pas à se rapprocher, on ne peut exclure que, d'ici douze à dix-huit mois, ce ne soit un fabricant chinois qui joue ce rôle fédérateur en Europe. Comment comptez-vous utiliser vos 400 millions d'euros de trésorerie nette ? En tenant compte du rachat d'actions, qui pourrait atteindre 10 % des titres en circulation, ainsi que du cash généré, nous devrions terminer 2007 avec une trésorerie nette confortable. Nous pourrions acquérir des canaux de distribution dans de nouvelles applications ou des technologies dans les logiciels. Reste que, aujourd'hui, avec notre faible valorisation et notre capital éclaté, c'est plutôt Gemalto qui serait susceptible de faire l'objet d'une OPA. La convergence des industries de la sécurité informatique et de la carte à puce peut-elle conduire à des alliances capitalistiques ? Les spécialistes de la sécurité informatique (VeriSign, Symantec, RSA...) s'intéressent à notre marché. Quant à IBM ou Microsoft, ce sujet devient central dans leur développement. Reste à savoir si nous serons capables de sortir par le haut en nous unissant à un de ces acteurs, ce qui semble réalisable, ou si nous serons absorbés. Que représenteront à terme la sécurisation des réseaux ou la gestion des droits numériques (musique, vidéo) dans votre activité ? Fabriquer des cartes qui permettent de sécuriser l'accès aux bâtiments ne présente qu'un faible intérêt. Nous y ajoutons de la valeur en combinant des compétences en cryptologie qui permettent à l'employé de protéger ses données, de naviguer sur des sites Internet de façon sécurisée. De même, la carte à puce peut devenir un élément clé dans la convergence des médias, en autorisant une forte capacité de stockage d'informations et la gestion des droits d'auteur. Nous pouvons ainsi enregistrer un film sur une carte à puce tout en évitant sa copie illégale. A l'horizon 2009, ces nouveaux débouchés pourraient représenter environ 10 % de notre activité ; la téléphonie restera notre principal marché (environ 50 %), devant le secteur bancaire (environ 25 %) et l'identité et la sécurité (environ 15 %) Gemalto en chiffres Domination 44,3 % C'est la part de marché mondiale combinée de Gemplus et d'Axalto en 2005 dans l'industrie de la carte à puce, loin devant Giesecke & Devrient (13,2 %) et Oberthur Card Systems (7,1 %). Bilan solide 400 MEuro(s) C'est la trésorerie nette du groupe. Même après le programme de rachat d'actions, le groupe devrait encore disposer fin 2007 de 200 millions d'euros. Innovation 146 MEuro(s) C'est le montant dépensé l'an dernier en recherche et développement. Ce niveau, qui représente 7 % du chiffre d'affaires, est nettement supérieur au budget consenti par son concurrent Oberthur. Coût 30 MEuro(s) Pour mener à bien la création de Gemalto (frais d'avocats, de banque, de communication...), il aura fallu débourser l'équivalent d'un tiers de son résultat net attendu cette année. Stratégique Défensif, le rapprochement entre Axalto et Gemplus qui a donné naissance à Gemalto ? Certes, le secteur de la carte à puce traverse un violent trou d'air, mais l'industrie reste porteuse. Le nouveau leader mondial de la carte à puce est bien armé pour profiter de la croissance à venir. Grâce à son envergure, il réalisera de nombreuses économies de coûts. Sa marge d'exploitation devrait ainsi atteindre 10 % en 2009. Et plus de 13 % en incluant les synergies. Surtout, avec un bilan solide et des budgets de recherche-développement supérieurs à ceux de ses rivaux, Gemalto a de quoi se montrer offensif |
Propos recueillis par
Frédéric Cazenave et Emmanuel Schafroth |
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