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| transport routier-logistique Une croissance à petite vitesse |
| La Vie Financière N°2815 / Samedi 22 Mai 1999 / Catégorie : |
L'année 1999 sera marquée par un net ralentissement de l'activité. Malgré une diversification croissante dans la logistique, la rentabilité des transporteurs demeure faible. Et leurs actions ne font pas de prouesses. |
VALEURS FRANÇAISES |
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près une année 1998 particulièrement faste, la route risque d'être moins dégagée pour les transporteurs routiers en 1999. Les deux premiers mois de l'année ont été très mauvais, du fait du ralentissement sensible du commerce intra-européen et de la concurrence accrue des transporteurs d'Europe orientale. Conséquence : une baisse des prix qui a empêché les transporteurs français de répercuter la hausse de leurs coûts (carburant, main-d'oeuvre). D'où une dégradation des marges. Ces mauvaises nouvelles ont bien entendu pesé sur les cours de Bourse, à l'exception de Geodis, qui enregistre une progression de 24 % depuis le début de l'année, de Navarro (+ 24,6 %, à 21 euros) ou même de Stef-Tfe (+ 8,3 %). En revanche, Norbert Dentressangle a dérapé de 11,2 %, Fraikin de 16,23 % et Synchrony Logistic de 18,3 %. Geodis a tiré son épingle du jeu avec une progression de 9,2 % de son chiffre d'affaires au premier trimestre. Filiale à 43,6 % de la SNCF, Geodis est devenu le leader français du secteur et le numéro cinq en Europe, avec un chiffre d'affaires de 2,8 milliards d'euros (18,5 milliards de francs). Le recentrage sur la messagerie (transport express de petits colis) et la logistique plaît au marché. Il s'agit, en effet, des activités les plus dynamiques du secteur. Le pôle logistique bénéficie du gros contrat conclu avec IBM, qui devrait entraîner un chiffre d'affaires annuel supplémentaire de 1 milliard de francs, dès cette année. Les analystes estiment que le groupe dispose d'un gros potentiel d'amélioration de sa rentabilité (2,3 % de marge opérationnelle l'an dernier) grâce aux restructurations engagées dans les filiales déficitaires. Hausse de 24 % pour Geodis depuis janvier Sur l'exercice en cours, Geodis table sur un chiffre d'affaires supérieur à 3 milliards d'euros ainsi que sur un résultat d'exploitation en hausse de 18 %. Le résultat net devrait progresser moins rapidement compte tenu du poids croissant de l'impôt. Norbert Dentressangle connaît une situation très différente. Il ne peut plus compter sur les restructurations pour améliorer sa rentabilité (5,4 % de marge opérationnelle en 1998). Les résultats du groupe sont donc très dépendants de la bonne santé de l'économie. Au premier trimestre, la société a souffert, avec une progression de seulement 3 % de ses facturations à périmètre constant. Dentressangle a annoncé une révision à la baisse de ses résultats pour le premier semestre 1999. Plusieurs analystes ont modifié négativement leurs recommandations, faisant plonger le titre. Depuis son transfert au règlement mensuel, le 10 juin dernier, l'action a perdu un tiers de sa valeur, à 26,7 euros. Le transporteur maintient néanmoins son plan Cap 2002, qui prévoit 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires et une marge opérationnelle de 7 % d'ici trois ans. Certains analystes jugent ces objectifs trop ambitieux. L'action risque donc de continuer à stagner à court terme. Stef-Tfe et Navarro se sont spécialisés dans le transport frigorifique. Avec une nette avance pour Stef-Tfe, qui occupe le premier rang en Europe dans sa spécialité. Il bénéficie de la bonne santé du transport sous température contrôlée, notamment dans l'agroalimentaire. La société a enregistré une progression de 6,3 % de son chiffre d'affaires au premier trimestre. Cette année, les analystes tablent sur une augmentation de 15 % du résultat net. Le groupe devrait améliorer sa rentabilité particulièrement faible (0,9 % de marge nette en 1998), la restructuration du pôle logistique étant achevée. Navarro, la plus petite société cotée du secteur, s'est introduit au second marché en octobre 1998. Elle offre une rentabilité très supérieure, avec une marge opérationnelle de 7,1 % en 1998. Cependant, l'action, avec 10 % de flottant, souffre de sa mauvaise liquidité. Malgré un rebond technique de 40 % lors du dernier mois, elle se situe toujours à un niveau inférieur à son cours d'introduction. Elle présente néanmoins un attrait spéculatif, Navarro étant trop petit pour se développer seul, et son pôle logistique (40 % du chiffre d'affaires 1998) pourrait intéresser des concurrents européens. Synchrony Logistique représente aussi une proie potentielle. Très malmenée en Bourse depuis deux ans, pour n'avoir pas tenu ses objectifs de résultats en 1997 et 1998, la société souffre toujours de la défiance du marché. Mais les perspectives pour l'exercice en cours s'annoncent meilleures, grâce à la signature d'importants contrats, notamment avec Pinault, les Galeries Lafayette, Pioneer et Sony. En outre, Synchrony vient de signer un accord avec Penske, numéro deux de la logistique aux Etats-Unis, qui lui garantit l'exclusivité en France des prestations logistiques du groupe américain. Mais Synchrony s'est refusé à chiffrer les retombées de cet accord. Les analystes tablent cette année sur un résultat net de l'ordre de 2,1 millions d'euros (contre 1,4 million l'an dernier), avec un potentiel de hausse limité pour l'action. Fraikin exerce, lui, un métier un peu différent car il est spécialisé dans la location de camions et autres véhicules industriels. Après le rachat de Locamion en 1996, qui a permis au groupe de doubler de taille, la société manque de relais de croissance. Suite à la publication de résultats 1998 inférieurs aux attentes, l'action a perdu son statut de valeur de croissance. « Les synergies avec Locamion sont épuisées. Il faudrait que la société réalise une nouvelle acquisition pour relancer la machine », commente un analyste. Sur l'exercice en cours, le loueur table sur une croissance de 5 % de son activité, et d'au moins autant pour le résultat net Graphique : PERFORMANCES DéCEVANTES DEPUIS UN AN Evolution des cours de Stef-TFE, Norbert Debtressangle et Géodis depuis juillet 1998 Trois questions à Jean-Claude Michel, Président du directoire de Norbert Dentressangle « A échéance de deux ou trois ans, l'actionnaire sera gagnant » Vous venez de réviser à la baisse vos objectifs de résultats semestriels à la suite de la publication du chiffre d'affaires du premier trimestre 1999. Pourquoi ? Globalement, le chiffre d'affaires a progressé de 15 % au premier trimestre, conformément à nos objectifs. Mais l'activité de transport routier a connu des difficultés en France, en début d'année, du fait de la baisse des échanges intracommunautaires. Les choses se sont améliorées en mars, puis à nouveau dégradées en avril et en mai. J'ai préféré informer le marché en indiquant que nos résultats au premier semestre ne seraient pas bons. En tout cas, moins bons que les prévisions des analystes qui tournent autour de 9 ou 10 millions d'euros. Le titre a-t-il les moyens de rebondir ? Certainement, mais c'est une valeur de moyen terme. Inutile de chercher à faire des allers-retours rapides. Mais, à échéance de deux ou trois ans, l'actionnaire sera gagnant, car le marché de la logistique et du transport est en forte croissance, les entreprises étant de plus en plus nombreuses à sous-traiter la gestion de leurs flux de marchandises. Sur ce marché, notre groupe a beaucoup d'atouts, à commencer par son portefeuille de clientèle qui regroupe de grands distributeurs comme Carrefour, Promodès ou Auchan. Nous avons prouvé que nous savions gérer la croissance externe et devenir ainsi un pôle de regroupement de compétences dans la logistique et le transport. Les analystes tablent sur un résultat net de 18 à 21 millions d'euros en 1999. Etes-vous d'accord avec ces prévisions ? Je les trouve un peu optimistes. Mais je pense que nous dépasserons les objectifs de notre plan Cap 2002 qui prévoit pour le moment un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros d'ici trois ans, dont 35 à 45 % dans la logistique. Notre marge opérationnelle atteindra 7 %, un excellent niveau pour notre secteur. |
Pierre-Yves Lepeltier |
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