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| renault Règlement Mensuel - code sicovam 13190 Deux stratégies gagnantes |
| La Vie Financière N°2836 / Samedi 16 Octobre 1999 / Catégorie : |
Les deux constructeurs préparent leur avenir. Peugeot en multipliant les coopérations techniques. Renault en s'associant avec Nissan, qu'il s'apprête à restructurer. |
VALEURS FRANÇAISES |
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enault et PSA, deux constructeurs, deux stratégies diamétralement opposées. Le premier a décidé de jouer la carte du moment, celle de l'alliance capitalistique, en prenant 37 % du capital de Nissan, le second, viscéralement attaché à son indépendance, choisit le chemin des coopérations techniques. L'un et l'autre sont pourtant confrontés au même impératif : garder sa place dans un monde de titans. Jean-Martin Folz est intimement persuadé que l'avenir de son groupe, PSA, ne passe pas par une fusion, dont la mise en oeuvre est souvent délicate. Daimler et Chrysler, dont le rapprochement a provoqué un véritable raz de marée, ne serait-il pas précisément l'exemple à ne pas suivre ? En élargissant l'accord de coopération dans les moteurs diesel qui le lie à Ford, le patron de PSA réaffirme sa ligne de conduite : « mettre en oeuvre des rapprochements ponctuels avec nos concurrents, bénéficiant aux deux partenaires, dans le respect de leur indépendance ». A moyen terme, la quasi-totalité des moteurs diesel utilisés par PSA et Ford Europe sera issue de programmes de développement communs. Ce partenariat, dans le domaine sensible des moteurs, est donc important. Au final, il signifie une baisse notable des coûts, donc des prix des voitures. Car il s'agit bien de cela : produire mieux et à meilleur prix. Renault s'est engagé dans l'autre voie, plus audacieuse, mais aussi plus risquée. En s'associant avec le constructeur japonais en difficulté (plus de 200 milliards de francs de dettes), le groupe est en mesure d'atteindre rapidement son objectif : 4 millions de véhicules vendus annuellement, couverture des principaux marchés mondiaux et gamme complète de véhicules. La partie est serrée. Le groupe industriel nippon, qui perd de l'argent pratiquement sans discontinuer depuis huit ans, doit être remis sur pied très rapidement, au risque d'entraîner Renault sur une pente glissante. Carlos Ghosn, anciennement numéro deux de Renault et désormais chief operating officer de Nissan, le sait mieux que quiconque. « Une seule chose n'est pas négociable, a-t-il prévenu : le retour rapide aux bénéfices. » 2001 étant la date butoir qu'il s'est donnée pour cet objectif. En a-t-il les moyens ? Réponse dans quelques jours. « The cost killer » (appelé ainsi en raison des mesures énergiques qu'il a prises chez Renault) profitera du salon automobile de Tokyo pour présenter son plan de restructuration ou, comme il aime à le dire, de « résurrection ». Si le plan en question est aussi important que l'espèrent les analystes, l'association Renault-Nissan pourrait se révéler l'affaire du siècle et l'opération un modèle de restructuration au Japon. Certains analystes attendent la suppression de 11 000 emplois et la fermeture de plusieurs sites de production. Un quotidien nippon avance même que Nissan serait prêt à sacrifier 25 % de ses capacités de production, réduisant ainsi sa production à 1,5 million de véhicules par an, contre 2 millions actuellement. Chacun à sa manière, Renault et PSA dessinent leur avenir. Ils disposent d'une conjoncture particulièrement bonne et de situations industrielle et financière assainies. Ils ont affiché de belles performances au premier semestre. Le bénéfice opérationnel de PSA a progressé de 25,5 %, à 856 millions d'euros (5,6 milliards de francs). Il dépassera les 9 milliards attendus par la direction sur l'année. Quant à Renault, sa marge opérationnelle a bondi de 29 % au premier semestre, tirée par la branche automobile (79,6 % du chiffre d'affaires). Mieux, malgré l'investissement dans Nissan, son endettement ne s'élève, à fin juin, qu' à 20 % à peine des fonds propres. Au total, les deux groupes bénéficient de la meilleure situation possible pour mettre en place la stratégie qui leur permettra de demeurer des acteurs industriels de premier plan. Si les cours actuels tiennent compte de leur bonne santé, ils n'intègrent cependant pas le potentiel de développement contenu dans leur stratégie à Renault : renforcer. Nous relevons notre objectif de cours à 65 euros (426,35 francs). L'annonce, le 18 octobre à Tokyo, d'un plan drastique pourrait doper le titre |
Michel Blanchot |
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