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| prêt pour un retournement des télécoms optiques |
| La Vie Financière N°3146 / Vendredi 23 Septembre 2005 / Catégorie : Bourse |
Egide a survécu à la débâcle de son principal débouché - les télécommunications optiques - en diversifiant ses marchés et en adaptant son outil de production. Les signes de reprise dans les réseaux optiques confèrent au titre un caractère spéculatif. |
EGIDE |
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Incroyable parcours que celui d'Egide : discret, au tout début, à l'image de cette modeste société industrielle introduite en Bourse en juin 1999, à 18 euros l'action ; extravagant, ensuite, car calqué sur les énormes investissements du secteur des télécommunications optiques (l'action a culminé à 790 euros en novembre 2000) ; sujet à un violent retour de balancier, enfin, en relation directe avec l'effondrement du marché de l'optoélectronique (point de chute à 7,20 euros). Des diversifications prometteuses L'évolution du chiffre d'affaires donne une idée de l'ampleur du cycle qui a touché cette entreprise, devenue une pure valeur télécoms avec ses boîtiers d'isolation et d'interconnexion des systèmes électroniques placés sur les câbles optiques : de 17 à 66 millions d'euros de 1998 à 2000, puis la chute jusqu'à 15,3 millions d'euros en 2003. Côté rentabilité, le point haut fut atteint en 2000 avec une marge nette de près de 10 %. Suivirent quatre années de lourdes pertes. Mais les finances étaient solides, et la (petite) société a survécu. Egide a entamé une diversification de ses débouchés vers les secteurs de l'aéronautique civile, de l'automobile, de l'infrarouge civil, de la défense et du spatial, qui ont largement contribué au chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2005, au point que la production destinée aux télécoms n'a représenté qu'un peu plus du quart des facturations. Au premier semestre, le chiffre d'affaires total a progressé de 12 % par rapport aux six derniers mois de l'année 2004, à 10,35 millions d'euros. Sur les nouveaux secteurs, l'horizon paraît dégagé dans la mesure où il s'agit de grands programmes (avionique, satellites, missiles...). S'il est logique qu'Egide cherche à assurer sa pérennité en réduisant sa dépendance à l'égard d'un secteur, c'est bien la reprise du secteur des télécommunications (incontournable, mais incertaine quant au calendrier) qui mobilise notre attention. Les capacités de production du groupe lui permettraient de doubler - sans investissement - sa production. Et même si la société est en bout de chaîne industrielle des télécommunications, la valeur n'en est pas moins unique en France pour jouer en Bourse la reprise du secteur. Elle est donc naturellement spéculative et sujette à des mouvements intempestifs. Comment se présente le second semestre ? La société, qui ne veut plus décevoir, est discrète. Mais l'examen des comptes et des prévisions de ses principaux clients dans le secteur (les équipementiers Bookham, Avanex...) permet de penser que le pire est passé. Le chiffre d'affaires publié au titre du troisième trimestre (mi-octobre) devrait à nouveau marquer une croissance significative. Cependant, ne rêvons pas trop : la trésorerie nette de dette de 4 millions d'euros (fin 2004) sera bien utile pour éponger les pertes d'exploitation qui séviront tant que le point mort, situé autour de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, ne sera pas atteint (l'an prochain selon nous). Une accélération interne n'est pas exclue en 2006 ou 2007 : si Egide constatait une reprise solide, qui lui redonnerait de l'aisance financière, il franchirait sans doute le pas d'un investissement de 2 à 3 millions de dollars aux Etats-Unis, qui lui permettrait d'obtenir une partie du marché de 100 millions de dollars que le groupe Raytheon accorde à son unique concurrent, Kiocera, dans les boîtiers en céramique. De quoi ajouter une couche spéculative sur un dossier qui l'est déjà Conseil : La valorisation actuelle d'Egide, qui tient compte à la fois de la solidité de son bilan et d'un certain potentiel de reprise des télécoms optiques, n'intègre pas un redressement durable de ce marché. Entre-temps, la valeur va connaître des hauts et des bas. Acheter à titre spéculatif, dans les creux, entre 20 et 30 euros. Viser 50 euros dans deux ans. En prenant garde au manque de liquidité du titre, les plus audacieux achèteront au cours actuel pour jouer d'éventuelles bonnes surprises du côté de l'activité au second semestre 2005. |
Edouard Ballot |
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