Archives
| nous visons 20 % de retour sur capitaux employés |
| La Vie Financière N°3188 / Jeudi 13 Juillet 2006 / Catégorie : Bourse |
Eurofins Scientific Le spécialiste de la bioanalyse pour l'industrie agroalimentaire, la pharmacie et l'environnement compte bien continuer à créer de la valeur. Le président fondateur Gilles Martin vise un doublement du chiffre d'affaires en 2010, qui pourrait s'accompagner d'une hausse du cours de Bourse. |
Gilles Martin, président d'Eurofins Scientific |
|
Vous avez multiplié les acquisitions depuis le mois dernier. Quel sera leur impact sur votre chiffre d'affaires ? G. M. Effectivement, en quelques semaines, nous avons pris une participation dans une société de génomique japonaise, racheté le laboratoire d'analyse agroalimentaire scandinave Steins Laboratorium et le spécialiste des essais cliniques Focus Bio-Inova. Ces opérations nous apporteront de l'ordre de 30 millions d'euros de facturations supplémentaires en année pleine. Et la ventilation de notre chiffre d'affaires 2007 devrait être modifiée : un gros quart proviendra des services à l'industrie pharmaceutique, 50 % de l'agroalimentaire et le reste, de l'environnement. Quel a été le montant de ces transactions ? Nous ne publions pas de données spécifiques. Ces opérations sont en ligne avec nos pratiques historiques. De manière générale, nous ne dépassons pas un prix de 0,5 à 1 fois le chiffre d'affaires des sociétés acquises et de 5 à 8 fois le résultat opérationnel (Ebit). Nous restons très sélectifs et regardons beaucoup de dossiers avant de sauter le pas. Nous n'excluons pas d'autres acquisitions dans les trimestres à venir. Les 120 millions levés lors de l'émission d'Obsar en février dernier suffiront-ils ? Notre taux d'endettement net sur fonds propres a progressé de 73 % fin 2005 à 87 % fin mars 2006. Toutefois, nous gardons une capacité d'investissement importante grâce à une trésorerie supérieure à 100 millions d'euros à fin mars 2006, et un niveau d'endettement qui reste raisonnable et largement inférieur aux multiples maximaux autorisés. Ces rachats modifient-ils votre stratégie ? Nous voulons capitaliser sur notre savoir-faire technologique pour parfaire notre implantation géographique, nous déployer dans de nouvelles zones. Nous voulons devenir numéro un dans les secteurs où nous sommes présents. Le marché est tellement grand et tellement fragmenté qu'il y aura toujours de la place pour nous. En réalisant ces acquisitions, nous sommes à la recherche de synergies, qui ne joueront pas en réduisant les coûts mais en développant nos ventes. Dans notre métier, l'expertise se trouve dans les équipes. Les laboratoires sont des plantes très fragiles qu'il faut savoir soigner pour les garder. La start-up créée en 1988 est devenue un laboratoire international de bioanalyse. Quelles sont les clefs de votre succès ? Notre marché connaît une croissance de 5 à 10 % l'an. Notre infrastructure et notre portefeuille technologique n'ont pas d'équivalent sur le marché. Enfin, nous nous sommes concentrés sur peu de pays et peu de marchés, ce qui nous a permis d'acquérir une position de leadership. En outre, notre secteur, très fragmenté, compte de nombreux laboratoires, ce qui nous donne l'opportunité de réaliser des acquisitions. Vous avez été le premier à proposer un test de détection du virus de la grippe aviaire (H5N1) dans les aliments. Comment se présentent les ventes ? Quelques clients de l'industrie agroalimentaire nous ont demandé d'effectuer des tests sur les oeufs et la viande de volaille qu'ils utilisent, mais nos ventes dans ce domaine restent très faibles. Maintenez-vous vos objectifs pour l'exercice en cours et à moyen terme ? Nous visons une marge opérationnelle (Ebit sur chiffre d'affaires) de 12 % cette année, à comparer à un taux de 13,2 % en 2005, et un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros. A ce jour, nous ne voyons aucune raison de ne pas y parvenir. L'effritement de notre marge sera momentané : il s'explique par le coût de démarrage d'activités dans de nouveaux marchés et pays, l'intégration des sociétés rachetées, moins rentables, et par le poids de nos investissements (nous consacrons 5 % de notre chiffre d'affaires à la recherche et développement). En 2006, l'accent sera également mis sur l'optimisation du besoin en fonds de roulement et de la fiscalité. A un horizon 2010, nous avons l'objectif de doubler notre taille pour atteindre 600 millions d'euros de facturations, avec une marge opérationnelle supérieure à 15 % dès 2008. Nous comptons développer nos activités en investissant de plus en plus de capitaux, tout en maintenant un taux de retour sur capitaux employés (Roce) élevé, supérieur à 20 % avant impôts. Cette discipline s'inscrit dans notre culture d'entreprise. La priorité donnée au retour sur capitaux employés, de préférence à la taille ou à la marge opérationnelle, nous démarque de beaucoup d'entreprises qui n'attachent pas ou peu d'importance au Roce. Pourquoi ne pas distribuer de dividendes ? Si nous distribuions une partie de notre bénéfice, nous ne disposerions pas de fonds suffisants pour financer nos implantations dans de nouveaux pays (Asie, Amérique latine) et nos acquisitions. Nous pourrions alors être obligés de lancer une augmentation de capital, ce qui aurait un impact négatif (dilution) sur notre bénéfice net par action. Le cours de Bourse vous paraît-il refléter la croissance forte et rentable d'Eurofins ? Avec ma famille, nous sommes le premier actionnaire de la société et disposons de 44 % des droits de vote. Nous avons une perspective d'investissement à long terme. Nous sommes convaincus que nous allons créer de la valeur d'ici cinq ans. Si Eurofins doublait de taille, comme nous l'escomptons, à l'horizon 2010, notre cours pourrait lui aussi doubler Une croissance soutenue Créée en 1988 par Martin-159.html'>Gilles Martin et son frère Yves-Loïc Martin, Eurofins a connu un parcours boursier fulgurant. Cette société de biotechnologies, spécialisée dans les analyses agroalimentaires (ESB, Listeria, OGM....), pharma-ceutiques et environnementales, connaît une croissance soutenue, de surcroît rentable. Si l'entrée de nouvelles acquisitions pèsera légèrement en 2006, la rentabilité opérationnelle devrait remonter au-dessus de 15 % dès 2008 Eurofins en chiffres Facturations 600 MEuro(s) C'est l'objectif de chiffre d'affaires que s'est fixé le laboratoire de bioanalyse à l'horizon 2010, ce qui signifie que la taille de l'entreprise doublerait par rapport à fin 2006. Marge 15 % C'est le taux minimal de marge d'exploitation que compte dégager Eurofins Scientific à partir de 2008 . Endettement net 87 % de dettes nettes sur fonds propres au 31 mars 2006. Un taux jugé raisonnable par les dirigeants, qui devrait permettre à la société de poursuivre son développement. Action + 2 600 % C'est la performance boursière de la valeur depuis l'introduction en Bourse en 1997. Depuis un an, le titre s'est envolé de 82 %. |
Propos recueillis par Christine Colmont |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour




