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nous récoltons les fruits de nos investissements
La Vie Financière N°3211 / Vendredi 22 Décembre 2006 / Catégorie : Bourse

SOMFY est le leader mondial des moteurs pour stores et volets. Sa rentabilité est très élevée, et le groupe familial dégage des liquidités abondantes et disponibles pour ses actionnaires. Cette tendance ne semble pas devoir s'infléchir. L'exercice 2007 pourrait encore se révéler excellent.
 
Wilfrid Le Naour, directeur général
 

Le groupe industriel que vous dirigez est assez peu connu du grand public. Comment définiriez-vous son métier ?

W. L. N. : Somfy est leader mondial des automatismes et de la motorisation pour les volets et stores destinés aux bâtiments résidentiels (63 % du chiffre d'affaires) et détient des positions significatives sur les marchés de la motorisation des stores d'intérieur pour les bâtiments tertiaires (20 % du chiffre d'affaires) et des automatismes des portes et portails (17 %). Nous concevons et assemblons ainsi près de 6 millions de moteurs, vendus dans quarante-cinq pays. Nos deux premiers compétiteurs produisent chacun environ 1 million de moteurs.

Quel est le potentiel de croissance à long terme de vos activités ?

Au-delà du développement de nouveaux marchés et de nouvelles applications, notre croissance est portée par trois facteurs. Tout d'abord, la hausse du taux de motorisation des volets, stores, portes et portails. En France, 40 % des installations neuves de volets sont motorisées, contre 15 % seulement en Espagne, par exemple. Ensuite, l'enrichissement fonctionnel des produits. La motorisation d'un volet avec commande à distance (par radiofréquence) apporte 2 fois plus de chiffre d'affaires qu'une motorisation de base. Les moteurs radiocommandés ne représentent encore que 25 % de nos ventes. Troisième facteur de croissance : la baisse des prix. Afin de maintenir une pression constante sur nos concurrents tout en développant le marché, nous baissons nos prix de 3 % environ chaque année. Nous répercutons en fait à nos clients nos gains de productivité et bénéficions, de notre côté, de l'accroissement des volumes.

Vous étiez un tout petit acteur de la motorisation des portes et portails jusqu'en 2004, année au cours de laquelle vous avez acheté l'entreprise italienne BFT, opération qui vous a hissé parmi les cinq premiers intervenants mondiaux. Pourquoi avoir pénétré ce marché ?

C'est un marché en forte croissance, tiré notamment par l'Europe qui connaît une importante vague de motorisation des portails. En outre, il nous reste à conquérir de nombreux marchés. Cette activité (environ 110 millions d'euros de facturations) nous semble donc disposer de belles perspectives de développement. Et la rentabilité est équivalente à celle de nos autres métiers.

Vous détenez également 34 % de la société italienne Faac, numéro un mondial de la motorisation des portes et portails. Qui contrôle cette entreprise ? Quelle est sa rentabilité et sa situation financière ? Avez-vous des discussions avec l'actionnaire majoritaire, en vue de faire évoluer vos liens avec lui ?

Faac est contrôlée par Michelangelo Manini, avec qui nous avons de très bonnes relations. D'ailleurs, bien que nous soyons concurrent de Faac, nous siégeons à son conseil d'administration. Aucune évolution de nos relations capitalistiques n'est envisagée à court terme, mais nous détenons un droit de préemption sur les titres des autres actionnaires, en cas de cession. Faac est une belle entreprise qui dégage 145 millions d'euros de chiffre d'affaires et affiche une marge nette de près de 25 %. Depuis la cession récente d'un actif immobilier en Irlande, cette société dispose d'une trésorerie nette de 200 millions, sans compter sa participation de 7 % dans le capital de Somfy (Ndlr : 100 millions d'euros au cours actuel). La distribution aux actionnaires d'une partie de la plus-value dégagée sur la cession d'immobilier est l'objet de discussions.

Somfy possède aussi 24 % du capital d'Agta Record, fabricant de portes automatiques piétonnes. Le pacte qui lie les actionnaires majoritaires repousse toute évolution capitalistique de cette société à 2011, sauf accord unanime des signataires du pacte avant cette échéance. Quelles sont vos intentions ?

Il est vrai que cinq ans, c'est long. La qualité de cette entreprise, ses belles perspectives et notre situation financière nous permettent cependant d'attendre. Quoi qu'il en soit, nous n'excluons aucune option.

Votre marge opérationnelle courante oscille depuis quelques années entre 18 et 20 %. Estimez-vous pouvoir encore l'améliorer ?

Telle n'est pas notre intention. Notre stratégie consiste à développer nos marchés, pas à accroître constamment nos marges. Nos baisses de prix annuelles y participent. Nous sommes en fait surtout attentifs à maintenir notre marge brute (Ndlr : différence entre le prix de vente d'un moteur et les achats de matière et de pièces destinées à sa fabrication).

Quelles sont les perspectives de Somfy pour 2006 et 2007 ?

Depuis dix-huit mois, nous avons fortement investi dans notre outil de production et avons lancé beaucoup de nouveaux produits. Nous commençons seulement à en récolter les fruits. A court terme, nous sommes favorablement impactés par la forte croissance de nos marchés en Allemagne (16 % de nos ventes cette année). Ainsi, notre marge opérationnelle devrait être supérieure au second semestre 2006 à ce qu'elle a été au cours de la même période de 2005. Quant à 2007, tout dépendra de la vigueur des économies. A l'heure actuelle, le ralentissement dans la construction aux Etats-Unis (12 % du chiffre d'affaires) n'affecte toujours pas nos ventes. A conjonctures équivalentes, nous pourrions connaître une croissance forte. Nos nouveaux produits nous font en effet, depuis quelques mois, gagner des parts de marché


Riche et très rentable

Le seul problème pour les actionnaires de Somfy est de trouver un emploi aux 80 millions d'euros de cash dégagés annuellement par l'exploitation. De fait, le groupe est en situation de trésorerie nette excédentaire (75 millions estimés fin 2006) et dispose en outre d'intérêts minoritaires dans Agta Record et Faac qui peuvent être valorisés à au moins 300 millions. A moins de 9 fois le résultat opérationnel estimé pour cette année, la valorisation du groupe est très raisonnable

Somfy en chiffres

Rentabilité

30 %

C'est la rentabilité moyenne des capitaux employés au cours de la période 2001-2005 .

Vache à lait

80 MEuro(s)

C'est le flux de trésorerie après investissements, donc disponible pour les actionnaires, dégagé annuellement par la société.

Croissance régulière

+ 8,5 %

C'est la croissance annuelle moyenne du résultat opérationnel courant, au cours des sept dernières années.

Retour sur investissement

+ 20 %

C'est la rentabilité annuelle moyenne, dividende inclus, obtenue par l'actionnaire depuis fin 2002.

Propos recueillis par Christophe Descamps
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%