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| notre ambition : rester un leader audacieux |
| La Vie Financière N°3195 / Vendredi 01 Septembre 2006 / Catégorie : Bourse |
Bourbon, le spécialiste des services maritimes aux plates-formes pétrolières, voit l'avenir avec sérénité. Après l'annonce de son plan d'investissement à l'horizon 2010, son président dévoile les différents volets de sa stratégie. |
Jacques de Chateauvieux, président-directeur général de Bourbon |
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Pourquoi être passé du statut de conglomérat à celui de spécialiste des services maritimes ? J. de C. En 2001, nous nous sommes interrogés sur le bien-fondé de notre stratégie de conglomérat. Nous focaliser sur la distribution, une activité rentable, nous aurait placés en concurrence avec les géants du secteur. Nous aurions donc été contraints de limiter notre développement dans des niches géographiques, telles les îles, ou des pays en développement, comme le Vietnam, avec une rentabilité plus longue à obtenir. Nous avons donc cédé cette activité à Casino. En revanche, dans les services maritimes, et notamment dans l'offshore profond (navires d'assistance et de services aux plates-formes pétrolières), le marché n'en était qu'à ses balbutiements. Bâtir une position de leader sur ce segment était à notre portée. Nous y sommes parvenus. Certes, la rentabilité brute des capitaux employés n'y est pas supérieure, mais les perspectives de développement y sont beaucoup plus importantes. Quelles sont vos ambitions dans l'offshore ? Consolider notre position de leader en portant notre part de marché à 12 %, contre 8 à 9 % actuellement. Pour y parvenir, nous avons lancé un plan d'investissement à l'horizon 2010, qui s'élève à 1,45 milliard d'euros et devrait porter notre flotte à quelque 400 navires. Ce programme se fonde sur un double constat. Tout d'abord, dans un marché pétrolier qui nous semble porteur à moyen terme, les besoins des clients ont évolué en faveur de l'offshore profond, sur lequel s'oriente l'essentiel de nos efforts. Ensuite, la demande concerne de plus en plus de navires récents et modernes, tant en offshore profond qu'en eau peu profonde. De fait, au-delà du développement du marché, notre croissance globale sera tirée par cet effet de substitution des navires modernes aux navires d'ancienne génération. En fait, une bonne partie de notre marché n'est pas liée à la croissance de la demande finale mais au renouvellement de la flotte. Toutefois, dans cet environnement très favorable, les seuls freins à la croissance de l'activité sont le manque de ressources humaines qualifiées et surtout les délais de construction des navires, de dix-huit mois aujourd'hui. Concernant Bourbon, nous attendons la livraison de 111 navires. Pour accélérer votre développement, comptez-vous réaliser des acquisitions ? Privilégier la croissance organique nous semble aujourd'hui la meilleure voie, surtout au vu de la valorisation élevée des acteurs du secteur. Toutefois, cela ne nous a pas empêchés d'acquérir le norvégien Havila en 2003, afin d'accéder à ses équipages très qualifiés. Dans cette activité, votre position a nettement évolué depuis 2003... De challenger audacieux, nous sommes devenus leader dans l'offshore profond, avec la flotte la plus importante et la plus moderne : 120 navires sur un total de 160, sans compter les 111 unités en construction dont je vous parlais tout à l'heure. Aucun de nos concurrents n'investit autant que nous. Nous voulons aborder cette nouvelle phase tout en restant un minimum audacieux, en enregistrant une croissance supérieure à celle du marché. Surtout, 90 % de notre flotte est sous contrat, de six mois à cinq ans, ce qui réduit notre sensibilité à l'évolution des prix à court terme des services, par rapport à certains grands acteurs du secteur. Ainsi, toute embellie ou dégradation des prix ne se traduirait que très progressivement dans nos comptes. Allez-vous conserver vos trois métiers de services maritimes ? Trois pieds sont plus stables qu'un seul. Ce qui ne nous empêchera pas de mettre fortement l'accent sur les services maritimes à l'offshore pétrolier. La conjoncture y reste excellente. En 2010, la division offshore devrait représenter de 70 à 80 % de notre chiffre d'affaires, et de 80 à 90 % de l'excédent brut d'exploitation (Ebitda). Quant à la division remorquage et sauvetage, c'est un long fleuve tranquille : son excédent brut d'exploitation demeure stable depuis sept ans, autour de 28 millions. Enfin, la division vrac, dont la rentabilité est variable, bénéficie actuellement d'une très bonne conjoncture. Depuis mars, les taux de fret se sont de nouveau envolés. Nous n'avons pas prévu aujourd'hui de céder l'une de ces deux activités. D'ailleurs, dans notre plan d'investissement, 220 millions d'euros leur sont affectés. Quels sont aujourd'hui les actifs périphériques que détient encore le groupe ? Nous comptons exercer notre put (option de vente) sur les 30 % restants de notre activité distribution, dont l'échéance est fixée à début 2007. Fin 2005, l'acquéreur estimait cet actif à 150 millions d'euros. En outre, nous disposons encore de deux sucreries au Vietnam, plus un centre commercial et quelques hôtels à La Réunion. Au total, nous estimons le montant des cessions à réaliser avant fin 2007 à au moins 200 millions d'euros. Le plan 2010 prévoit l'affectation de l'autofinancement aux investissements. Qu'en sera-t-il de la politique de distribution de dividendes d'ici là ? Nous avons prévu dans notre plan de financement de distribuer globalement 180 millions d'euros sur la période 2007-2010, ce qui nous permettra d'augmenter régulièrement le dividende par action Une valorisation élevée Bourbon séduit les investisseurs. Depuis l'annonce, en 2003, de son recentrage sur les services maritimes, le cours de l'action a été multiplié par 4. Entre-temps, le groupe a convaincu, parvenant à se hisser, en moins de trois ans, à la première place mondiale dans le secteur des services maritimes pour les plates-formes pétrolières en eau profonde. Si l'avenir paraît radieux, la valorisation en tient malheureusement déjà compte en partie : la valeur d'entreprise (capitalisation + endettement net) de Bourbon s'élève en effet à plus de 11 fois l'excédent brut d'exploitation attendu en 2006, et encore plus de 6,3 fois celui qui est estimé pour 2010 ! Bourbon en chiffres Capital 24 % C'est la participation dans le capital de Bourbon de son président, Jacques de Chateauvieux, ce qui le place en position de premier actionnaire. Croissance de l'activité 12 % La croissance moyenne des facturations attendue par le groupe d'ici à la fin 2010 se répartit en une progression de 20 % dans l'offshore pétrolier, de 4 % dans le remorquage- sauvetage, et de 5 % dans le transport de vrac. Marge 40 % Telle est la marge brute d'exploitation attendue par le groupe en 2010, contre 33,7 % aujourd'hui. Rentabilité 16 % C'est la rentabilité brute des capitaux employés espérée par le groupe à l'horizon 2010, contre 13,8 % en 2005 (données pro forma). |
Propos recueillis par Christine Colmont
et Christophe Descamps |
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