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| noTRE priorité : accroître le revenu par passager |
| La Vie Financière N°3232 / Vendredi 18 Mai 2007 / Catégorie : Bourse |
ADP a vu son titre flamber de 75 % un an à peine après son introduction. Le marché salue les performances des aéroports parisiens, leurs projets dans l'immobilier, sans oublier le volet spéculatif du dossier. |
Pierre Graff, président-directeur général d'Aéroports de Paris |
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Le trafic est soutenu depuis le début de l'année. Cette tendance va-t-elle persister ? P. G. Il a progressé de 6,7 % au cours du premier trimestre, avec un pic à plus de 10 % en mars, du fait de l'impact favorable des vacances d'hiver. Cela s'explique en grande partie par le dynamisme du trafic européen : le nombre de passagers en provenance d'Europe de l'Est a fortement augmenté, comme celui des touristes italiens, allemands et espagnols qui profitent du développement des compagnies à bas coût. Il est cependant difficile d'extrapoler la suite de l'exercice à partir de ces chiffres. Je maintiens donc nos prévisions de hausse du trafic pour l'année 2007 dans une fourchette comprise entre 3,7 et 4,2 %. Nous attendons par ailleurs pour cette année une croissance supérieure du chiffre d'affaires et de l'excédent brut d'exploitation. Depuis trois ans, vous réalisez de meilleures performances que Francfort et Londres. A quoi cela tient-il ? A notre modèle économique, dont nous avons défendu la pertinence lors de l'introduction en Bourse de la société. Les derniers chiffres publiés démontrent à nouveau sa crédibilité. Nous disposons d'abord d'une situation géographique idéale. Ensuite, nous captons tous les types de trafic. Les vols point à point sont particulièrement dynamiques grâce à l'attrait de la métropole parisienne. Quant aux vols de correspondance, nous avons construit à Paris - Charles-de-Gaulle une très belle plate-forme de correspondances et nous avons la chance d'y avoir un partenaire puissant, Air France - KLM. Nous avons d'ores et déjà le hub le plus puissant d'Europe, et nous poursuivons nos investissements pour adapter nos capacités d'accueil. Enfin, contrairement à d'autres grands aéroports en Europe, nous disposons d'assez de pistes pour capter la croissance du trafic En revanche, vos aérogares sont sous-dimensionnées. Où en sont vos investissements dans ce domaine ? Le plan d'investissement de 2,7 milliards d'euros étalé sur la période 2006-2010 est justement destiné à résoudre ce problème. Il va commencer à porter ses fruits dès cette année. Fin juin, nous inaugurerons à Paris - Charles-de-Gaulle la Galerie parisienne, qui sera l'une des plus grandes salles d'embarquement en Europe. En 2008, nous aurons fini dès le mois de mars de reconstruire le terminal 2E et le terminal régional sera ouvert en septembre. Lorsque la rénovation de l'aérogare 1 sera achevée, nous aurons augmenté la capacité de Paris - Charles-de-Gaulle de 20 millions de passagers supplémentaires, soit une capacité de 67 millions de passagers au total. Avez-vous profité de ce plan d'investissement pour développer les zones consacrées au commerce ? Oui. Nous avons installé une véritable galerie commerciale, avec 3 200 mètres carrés de boutiques et 1 400 mètres carrés d'espaces de restauration dans la Galerie parisienne pour le plus grand confort de nos clients. Cela répond à un double objectif : attirer de plus en plus de passagers grâce à une offre commerciale sophistiquée et diversifiée et accroître le chiffre d'affaires par passager en densifiant ces espaces. C'est important car cette activité est très rentable compte tenu des faibles investissements nécessaires et cela fait partie de la qualité des services. Notre objectif est d'accroître de 30 % nos surfaces commerciales au cours de la période 2004-2010. Vous disposez de 369 hectares de réserves foncières exploitables. Où en sont vos projets ? Lors de notre mise sur le marché, nous nous sommes engagés à commercialiser 60 hectares d'ici à 2010. Près de 25 l'ont déjà été en 2006. Aujourd'hui, notre projet phare s'appelle Coeur d'Orly, un nouveau quartier d'affaires proche de l'aéroport. Nous resterons propriétaires du foncier. Et nous venons de lancer une procédure de consultation auprès de promoteurs et investisseurs immobiliers avec lesquels nous n'excluons pas de nous associer jusqu'à 50 % sur certains projets. Nous voudrions conclure ce processus à l'automne, pour un début de commercialisation en 2010. Cette nouvelle activité, qui s'inscrit dans un cycle très différent de l'aéroportuaire, doit jouer un rôle de stabilisateur au sein de notre modèle économique. L'activité escale est le point faible d'ADP. Où en est le nouveau plan de restructuration ? Ce plan consiste à transférer la partie de l'activité escale, encore exercée par la maison mère, à une filiale. 667 personnes sont concernées mais il n'y aura aucun départ contraint. Le Comité d'entreprise, consulté en février et mars, a émis un droit d'alerte. Une expertise ainsi que des négociations avec les organisations syndicales sont en cours. Ce plan doit nous permettre de retrouver l'équilibre d'exploitation d'ici à fin 2008. Mais il est encore trop tôt pour évaluer son coût. Envisagez-vous l'acquisition d'autres aéroports en France ou à l'étranger ? Ce n'est pas notre priorité immédiate, mais nous nous autorisons à regarder les opportunités qui se présenteraient. En France comme à l'étranger, des prises de participation majoritaire dans des aéroports des pays de l'OCDE sont envisageables. Nous allons observer ce qui se passe en Europe de l'Est et au Portugal, notamment. Mais une telle acquisition devra se faire dans l'intérêt du groupe et de ses actionnaires et nous serons, bien sûr, très vigilants quant au prix La spéculation l'emporte Le directeur général de Vinci s'est dit, la semaine dernière, intéressé par une prise de participation dans ADP en cas de privatisation. Pierre Graff n'a pas tenu à réagir à cette déclaration. Reste qu'une grande partie de l'envolée du titre tient à la perspective d'une vente par l'Etat de sa participation de 68 %. Vinci ne cache donc plus son intérêt et il ne devrait pas être le seul. Le processus n'est toutefois pas engagé. A 12,7 fois l'excédent brut d'exploitation estimé pour 2007, ADP se paie moins cher que la société britannique BAA lors de sa reprise, l'an dernier, par l'espagnol Ferrovial (15 fois ce même ratio). Les analystes valorisent d'ailleurs jusqu'à 88 euros le titre du groupe français X. D. ADP en chiffres Actionnaires 68,4 % C'est la part du capital encore détenue par l'Etat à l'issue de l'introduction en Bourse d'ADP en juin 2006. Les salariés détiennent pour leur part 2,4 % de la société. Trafic + 6,7 % C'est la progression du nombre de passagers accueillis par ADP au cours du premier trimestre 2007. La croissance du trafic s'accélère puisque l'an dernier elle n'avait atteint que 4,8 %. Services en escale - 17,4 MEuro(s) Les services d'assistance en escale gérés par ADP ont creusé leur perte opérationelle de 60 % l'an dernier. Cette branche d'activité n'avait perdu que 10,9 millions d'euros en 2005. Activité + 8,3 % C'est la hausse du chiffre d'affaires du 1er trimestre, la branche immobilier enregistrant une croissance de 15,6 %. |
Propos recueillis par Xavier Diaz et Nathalie Rambaud |
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