Archives
| libertel Bourse d'Amsterdam (LIB) Un démarrage très décevant |
| La Vie Financière N°2820 / Samedi 26 Juin 1999 / Catégorie : |
Le deuxième opérateur de téléphonie mobile des Pays-Bas n'a pas fait d'étincelles à l'occasion de son introduction en Bourse. Les perspectives de croissance de la société sont excellentes, mais l'action n'est pas bon marché. |
VALEURS ÉTRANGERES |
|
our l'instant, le seul à avoir fait une bonne affaire avec Libertel, c'est ING Group », résume un courtier néerlandais, une semaine après l'introduction en Bourse du deuxième opérateur de téléphonie mobile des Pays-Bas. En plaçant 22,5 % des 30 % qu'il détenait dans le capital de la société, ING a, en effet, réalisé une plus-value nette de 1,39 milliard d'euros. Pour assurer le succès de l'opération, concomitante à l'augmentation de capital record de Deutsche Telekom, le prix de l'action (21 euros) avait été fixé au milieu de la fourchette. Bien que la demande ait été de quatre fois supérieure à l'offre, il était clair, dès le 15 juin, la première séance de cotation, que la valeur s'embarquait pour un voyage mouvementé. De fait, à 19,50 euros, huit jours plus tard, l'action était en baisse de plus de 7 %. Une évolution qui ne surprend pas outre mesure les analystes. « C'est une entreprise très solide, estime l'un d'eux, mais elle est bigrement chère. » A 21 euros, elle se payait alors plus de 95 fois les bénéfices prévus pour cette année. Une valorisation nettement supérieure à celle d'autres entreprises analogues en Europe. Ainsi, Telecom Italia Mobile s'échange à 32 fois les bénéfices estimés pour 1999, Telecel (Portugal) à 25 fois et Securicor (Royaume-Uni) à 42 fois. Même Vodafone, le numéro un outre-Manche dans la téléphonie mobile et actionnaire majoritaire de Libertel avec 70 % du capital, vaut moins de 60 fois son résultat net attendu. Pourquoi un tel écart ? « Dans les deux à trois ans qui viennent, Libertel va connaître une très forte croissance, estime Gl > ucia Canabrava, analyste chez F. van Lanschot Bankiers. Elle va être alimentée par la vogue des cartes prépayées, ce qui pourrait peser sur les marges à moyen terme. Mais l'accent mis sur la clientèle d'affaires devrait protéger la rentabilité. » Déjà, avec 1,5 million d'abonnés, l'opérateur détient plus du tiers du marché néerlandais. C'est encore deux fois moins que la clientèle de KPN, l'ancien monopole public, mais c'est incommensurablement mieux que les trois autres détenteurs de licence. Opérant aux Pays-Bas depuis seulement six mois, ces derniers ne se partagent que 5 % du marché. Telfort, le mieux placé d'entre eux, est le fruit d'un partenariat entre British Telecom et les chemins de fer nationaux. En outre, aucun ne dégage de bénéfices, ce qui n'est pas le cas de Libertel. Sorti du rouge en 1997, sa marge nette a atteint 6,5 % l'année dernière, et Gl > ucia Canabrava s'attend à ce qu'elle dépasse les 12 % en l'an 2000 avec un chiffre d'affaires qui pourrait frôler le milliard d'euros. Après cette date, toutefois, la situation concurrentielle risque d'être plus difficile pour Libertel alors que les réseaux des trois trouble-fêtes auront atteint une couverture nationale. Cependant, il est clair que cinq opérateurs de mobiles pour un pays comme les Pays-Bas, c'est trop. Et de nombreux observateurs s'attendent à une concentration. En outre, avec une capitalisation proche de 6 milliards d'euros, Libertel se situe au dix-septième rang des capitalisations de la Bourse d'Amsterdam, derrière VNU (groupe de presse) et Numico (agroalimentaire). Il devrait donc intégrer l'indice AEX au moment de la révision de celui-ci dans le courant de l'année prochaine. Autre élément en faveur de la valeur : la rareté relative des titres. Seuls 22,5 % des 312,5 millions de titres sont dans le public. Et ING (qui détient encore 7,5 %) et Vodafone se sont engagés à ne pas placer d'actions supplémentaires avant un an Graphique : Cotation à Amsterdam en euros depuis le 15 juin 1999 CA 98 : 582 M E BNPA 99/2000 (e) : 0,22/0,38 E Résultat net 98 : 38 M E PER 99/2000 (e) : 88,6/51,3 Capitalisation (au 23.6) : 6 094 M E Dividende : 0 Capitalisation/Chiffre d'affaires : 10 Rendement global : 0 Nombre de titres échangés : 1,6 million. 1 euro = 2,20371 florins. On peut tenter un achat spéculatif vers 17 euros |
Aldo Sicurani |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour




