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le potentiel de nos produits est sous-estimé
La Vie Financière N°3146 / Vendredi 23 Septembre 2005 / Catégorie : Bourse

Sanofi-Aventis Balayant les inquiétudes de certains analystes, le président du numéro trois mondial de la pharmacie insiste sur la richesse de son portefeuille de médicaments en développement.
 
Jean-François Dehecq
 

Depuis un mois, la Bourse boude le titre. Selon vous, pourquoi ?

J.-F. D. La Bourse attendait probablement des annonces sur notre recherche et développement. Or nous avons fait part de l'arrêt du développement de l'Osanetant (pour le traitement de la schizophrénie) qui était en phase clinique avancée. Et la révision à la baisse du potentiel de l'Idraparinux a dû également peser sur le titre. Nous n'avons peut-être pas assez insisté sur la qualité de nos 34 autres produits actuellement en phase avancée de développement (IIb ou III) sur un total de 128 que contient notre portefeuille. Nous avons fait preuve d'un excès de prudence. Du coup, la forte croissance de notre bénéfice au premier semestre (+ 27,1 %, à 2,97 milliards d'euros, pour la part du groupe ajustée) a été considérée, à tort, comme un non-événement. Tout comme la progression de notre activité (+ 11 % à données comparables), qui s'est pourtant révélée bien supérieure à celle du marché. Dans ce contexte, la nouvelle du lancement de génériques copiant notre antihistaminique vedette Allegra aux Etats-Unis n'a pas été bien accueillie. Même si nous avons pris toutes les dispositions nécessaires et lancé notre propre version générique.

Les craintes du marché sont-elles justifiées ?

Une bonne nouvelle, tout d'abord, qui n'a pas été accueillie à sa juste valeur : pour un prix raisonnable, Sanofi-Aventis vient de récupérer 100 % des droits du Plavix au Japon, un produit qui pourrait devenir un blockbuster dans l'Archipel. Ensuite, notre grande réactivité nous donne un avantage indéniable : nous avons réussi la fusion avec Aventis en seulement six mois et en dégageant des synergies plus rapidement que prévu. Nous sommes aussi parvenus à mieux répartir nos risques. Ajoutons que le potentiel de nos médicaments en développement est sous-estimé. Ainsi la version à libération prolongée de l'hypnotique Ambien CR vient d'être approuvée par les autorités sanitaires américaines. Quatre autres molécules sont en cours d'enregistrement, dont l'Acomplia, qui sera prescrit pour les troubles métaboliques. Nous attendons une réponse au printemps prochain aux Etats-Unis et un peu plus tard en Europe. Sans parler de l'avenir des produits déjà lancés sur le marché comme, par exemple, l'anticancéreux Taxotere dont une nouvelle étude clinique a démontré l'efficacité par rapport à l'un de ses concurrents pour le traitement du cancer du sein.

Vous allez fabriquer, aux Etats-Unis, des vaccins contre le virus H5N1, responsable de la grippe aviaire. Après ce contrat de 100 millions de dollars, peut-on s'attendre à d'autres commandes ?

Notre groupe est le fabricant le mieux à même de préparer un vaccin contre la grippe aviaire. D'autres commandes devraient suivre, émanant d'Europe notamment. Et dans un autre domaine - la méningite -, le potentiel de notre vaccin Menactra est, sans doute, très élevé, de l'ordre du milliard de dollars de chiffre d'affaires.

Où en est votre contentieux avec Rhodia, qui vous réclame 570 millions d'euros ?

Nos avocats s'en occupent. Et nous n'avons pas de contact direct avec cette société.

Vous n'évoquez jamais vos perspectives en matière de biotechnologies. Vous n'investissez pas dans ce domaine ?

Dans la maison, nous ne parlons pas de science mais de médicaments. Sanofi-Aventis ne lésine pas sur la dépense pour sa recherche dans les biotechnologies et, pour nous développer dans ce domaine, nous envisageons de nouer des collaborations plutôt que des participations capitalistiques.

Les groupes pharmaceutiques ont-ils perdu leur statut de « valeurs refuges » en Bourse avec la baisse des prévisions de croissance ?

Notre métier connaît une évolution très rapide. Une mise sur le marché importante une année, des expirations de brevets et l'arrivée de génériques l'année suivante. C'est la vie d'un laboratoire, donc de Sanofi-Aventis. Notre croissance passera nécessairement par des hauts et des bas. Mais nous continuerons de jouer la progression des bénéfices et des dividendes. Nous maintenons notre prévision d'au moins 20 % de hausse du BNPA en 2005.

Les politiques de réduction des dépenses de santé menacent-elles votre secteur ?

L'avenir de notre métier n'est pas remis en cause. La population vieillit et consomme un grand nombre de médicaments dans les dernières décennies de sa vie, même si la réduction des dépenses de santé par un ajustement des prix à la baisse est souvent demandée. Aux Etats-Unis, l'extension de Medicare le 1er janvier aura sans doute un effet bénéfique sur les volumes. Parallèlement, le nombre de patients touchés par certaines maladies comme la dégénérescence, le cancer, l'obésité ou le diabète ira en augmentant, tandis que l'accès aux médicaments s'amplifiera. Enfin, de nouvelles épidémies apparaissent. Cette industrie a donc un avenir toujours aussi prometteur, pour ceux qui sauront développer de nouveaux produits


Face aux génériques

L'antihistaminique Allegra

La protection du brevet de ce médicament fait l'objet d'un procès entre Sanofi-Aventis, d'une part, et Barr et Teva, d'autre part. Sans en attendre l'issue, ces deux derniers fabricants ont déjà lancé des génériques de ce produit. Sanofi-Aventis va donc commercialiser avec l'américain Prasco sa propre version générique de l'Allegra. Et Prasco livrera les grossistes cette semaine.

L'antithrombotique Plavix

Le brevet du principe actif protège la molécule jusqu'en 2011 aux Etats-Unis. Sanofi-Aventis a intenté une action judiciaire à l'encontre d'Apotex pour contrefaçon du Plavix. La date du début du procès a été fixée au 5 avril 2006. Cet antithrombotique a réalisé plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires outre-Atlantique au cours de l'année 2004.

Sanofi-Aventis en chiffres

Produits phares 8

blockbusters détenus en 2004. Leur chiffre d'affaires dépassait l'an dernier 1 milliard d'euros (sur la base des ventes développées, via les partenaires à l'international).

Diversité

7

domaines thérapeutiques majeurs : cardiovasculaire, thrombose, oncologie, maladies métaboliques, système nerveux central, médecine interne, vaccins.

Fusion

1,6 MdEuro(s)

C'est le montant des synergies qui sera réalisé en 2005 et 2006 après le rachat d'Aventis. Des économies plus rapides que prévu.

Dynamisme

14,4 %

C'est la croissance du laboratoire sur le marché américain (hors vaccins).Elle a été plus de deux fois supérieure à celle du marché (5,8 %) au cours des cinq premiers mois de l'année (données IMS).

Propos recueillis par Christine Colmont
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
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FONC.DES REGIONS 52.81€
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PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
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CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
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